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les principaux agents; un nommé Hall habitait secrètement à Beaconsfield, chargé de transmettre les messages) lady Âubigny, à qui le parlement avait permis d'aller à Oxford pour ses affaires , en avait rapporté, dans un petit coffre, une commission du roi autorisant quelques uns des conjurés à lever des hommes et de Targent en son nom ? tout récemment enfin on avait fait dire à Hall que « le grand vaisseau était arrivé aux dunes , » c'est-* à-dire que tout était prêt; et il en avait donné avis à lord Falldand, qui avait répondu : («Qu'on se » presse donc, car la guerr6 devient tous les jours » plus difficile à arrêter (*). »
C'était plus qu'il n'en faut à la justice des partis, et le parlement, s'il eût voulu, eût pu en croire davantage. Saisi d'un désir honteusement passionné de sauver sa vie, Waller demandait à la racheter, n'importe à quel prix; argent, aveux, dénonciations, il prodiguait tout, s'adressant aux plus obscars comme aux plus puissants protecteurs , suppliant tous les fenatiques en crédit de venir entendre l'humble profession de son repentir, prêt à exagérer la gravité du complot, comme à Oxford peut-être il avait grossi naguère le nombre
(<) State-TricUs, t. IV, col. 626-631. — Guff ndftD, ITf*^. o/* tAe rebdl, t. VI, p. 57-79.
et 1© crédit des conspirateurs. Les lords Portland et Conway avaient reçu de lui quelques confidences I il les dénonça ; le comte de Northumber^ land et beaucoup d'au très furent compromis par ses réponses (*). Quoique peu de gens se fussent portés à des actes légalement coupables ^ beaucoup avaient connu et approuvé ce qui se préparait* Mais la parlement , avec une courageuse sagesse ^ no voulut abuser 9 contre ses ennemis , ni dé leur imprudence, ni de la basseise de leur complice 9 et sut croire que la justice suffisait à sa sûreté. Sept personnes seulement furent tra* duites devant un conseil de guerre { et sur cinq condamnés^ Ghalloner et Tompkins subirent seuls leur arrêt. Ils moururent en hommes de cœur (^)^ mais sans se croire ni se prétendre des martyrs , témoignant même ^ avec une touchante sincérité j quelque incertitude sur la bonté de l^ur cause : « J'ai prié Dieu ^ dit Ghalloner en mentant sur » l'échafaud , que si ce dessein ne devait pas être » à son honneur y il nous le fit connattre ; Dieu » m'a entendu. --* Je suis bien aiae> dit ausii » Tompkins » que le complot ait été découvert ( il
(«} May, Hist. du Long-Pari.^ t. U| p. 14?, tfwp 104 QpUiQ^on. - CUirtndoii, Hi9t. ofihênMl,, %, VI, p*^6. (2) Le 5 juillet 1643.
52 RÉVOLUTION f>'ANGIJa^ERRE.
» aurait pu avoir de fôcheux résultats (*). ?> Quant à Waller^ condamné également , on lui fit grâce de la vie , pour payer ses aveux , par le crédit de quelques uns de ses parents , de Gromwell entre autres^ son cousin , peut-être aussi par un reste d'égard qui s'attache encore au talent quand même il ne sert qu'à illustrer la lâcheté (').
Quelques jours les chefs des communes se flattèrent que la découverte et le châtiment de ce complot jetteraient le trouble dans Oxford ^ intimideraient à Londres les royalistes y suspendraient les dissensions des chambres y tireraient enfin leur parti des embarras où son énergie se consumait sans fruit. Mais^ ce3 espérances furent bientôt déçues ; à peine les actions de grâces avaient cessé de retentir dans les églises ^ à peine avait-on prêté le nouveau serment d'union décrété au moment du péril ^ que le parlement se vit en proie ^ au dehors à de plus ^ands revers y au dedans à de plus violents débats.
1^ roi avait appris sans vif chagrin le mauvais succès du complot de la cité ; presque en même temps lui était arrivée la nouvelle que dans le sud,
(«) SttU^Trials, t. IV, eol. 632-635.
(») Ihid., col. 635-638. — May, Bist. du long^Parl, t. Il, p, 140, dans ma Collection,