‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 92 sur 116 · LIVRE HIJÏTIÈME. (16/|7-i6/i9.) 4A · texte numérisé non relu

LIVRE HIJÏTIÈME. (16/|7-i6/i9.) 4A

» voici arrivés à une belle situation : ïé royaume »tbut entier est devenu un parlement; l'armée » nous à assez longtemps enseigné ce qu'il feUait » foire , et voudrait bien nous l'enseigner encore ; » lâ cité, la province 9 les officiers réformés nous » viennent remontrer chaque Jour ce que nous » devrions feire. Pourquoi? Parce que nous-mêmes » ne savons pas ce que nous avons à foire. » Et la majorité pensait avec lui que la paix seule pouvait la tirer de ce honteux embarras. Elle prit enfin sa résoiutioii , vota qu'une négociation nouvelle s'ouvrirait sur-le-champ avec le roi, approuva (*), pour réduire au silence les indépendants , qu'elle eût lieu dans Tlle de Wight même, et chargea (*) trois commissaires d'en aller porter au roi la proposition formelle / en lui demandant sur quel point de l'île il voulait résider pendant le traité , et lesquels de ses conseillers il désirait avoir auprès de lui.

Les meneurs indépendants ne s'y trompèrent point ; c'était là un revers irrévocable. Sentant les approches de la crise, et plus effrayée dé leur triomphe que de leurs menaces, la majorité passait décidément à leurs ennemis. Ludlôw se rendit stir-lé-

(<) Le 29 juniel. Pari. Hist., t. Ill, eol. 9J59. . («) Le 2 aoùu /6W., col. 964, 965,

m HÉVOLCTION D*A:NaLETERR£.

champau quartier général^ toujours devait Cdchester : «Qocomplote, dit-il ^ Fairfex, de trahir la cause »pour laquelle tant de sang a coulé; on veut, à » tout prix, faire la paix ; le roi , prisonnier, ne se » croira point lié par ses promesses ; les gens mêmes » qui poussent le plus à la négociation s'inquiètent » fort peu de Tobliger à les accomplir; emplqyiçr M son nom et son autorité à détruire l'arraée, c'est x> là leur unique but : l'armée a conquis le pouvoir, » il faut qu'elle s'en serve pour prévenir sa propre » ruine et celle delà nation. «Fairfax convint qu'il disait vrai, protesta qu'au besoin lui-même serait tout prêt à déployer, pour le salut de la cause publique, la force qu'il avait en main :. « Mais il » faut, dit-il, que j'y sois clairement et positiyc- » ment invité; et, quant à présent, je ne puis ine. » dispenser de poursuivre sans relâche ce mal|)eu- » reux siège qui dure encore , malgré nos efforts. >? Ludlow alla trouver Ireton, que Cromwell, en parlant, avait eu soin de laissep auprès (|u générjil, et dont il se promettait p|us d'ardepr ; « Le mo-:. »mer.t n'est. pas encorç venu, lui dit Ireton, il » faut laisser marcher la négociation, et que le » péril devienne évident (*). » A défaut de l'armée,

(1) Mémoirm de Ludlow, t. I, p. 312-316.

LÎVBE .HUITÏÈME. (i6A7-iM?;) ti(P

les républicains firent arriver à Westminster des péiilions menaçantes, une entre autres, rédigée par Henri Mar.,„,e..,ui, proclamant «„s.l» principes du parti, sommait les communes do^se déclarer pouvoir spuverain, et de répondre enfii)^ à Tattente du peuple en lui donnant toutes les. réformes qu'il s'était promises quand il avait pris les armes pour le parlement. La chambre ne répondit point : le surlendemain une seconde pétition arriva, se plaignant amèrement de ce dédain; et cette fois les pétitionnaires en troupe attendaient à la porte, criant avec colère : « A quoi » bon un roi pt des lords? ce sont des inventions » humaines ; Dieu nous a faits tous égaux : des milr » liers de braves gens verseront leur sang pour ces^ » principes. Nous sommes déjà quarante mille » qui avons signé cette pétition, mais cinq raille «chevaux vaudraient bien mieux. » Quelques membres même , Scott, Blackiston, \yeaver^ sortis de la salle, se mêlaient familièrement à la foule, et encourageaient ses cris. La chambre persista dans son silence; mais plus elle se montrait ferme,

plus le parti se précipitait avec pasaioa vera ses

(<) Le H septembre. î^arL Jîtse., t. Ul, eoi. rO(»-!Oî3. — WWtdockc, p. 330, 331. — Rushurorth, part. 4, t. lï, p. 125'/. — 3f ^fooires de Ludlow, t. l, p. 312, ^aris ma note.

^M RÊVOLUnON D'ANGLETEhBE

derniers desseins, et, cinq jours après cette scënë(^), Henri Martyn partit soudainement pour TËcosse , où Cromwell venait d'entrer.

Au même moment (^) partaient pour Ftle de Wight quinze commissaires ; cinq lords et dix membres des communes (^), tous, excepté Yane et peut-^tre lord Say, fovorables a la paix. Jamais négociation n'avait excité une plus vive attente; elle devait durer quarante jours. Le roi s^était empressé de l'accepter, donnant sa parole que, pendant cet intervalle, et vingt jours encore après, il ne ferait aucune tentative pour s^évader. Vingt de ses plus anciens serviteurs, grands seigneurs, théologiens, jurisconsultes, avaient été admis à Faider de leurs conseils; il avait même demandé et obtenu qu^une partie de sa maison et de son service domestique , des pages , des secrétaires , des chambellans, des écuyers, des gens de sa garde-robe , des valets de pied lui fussent rendus à cette occasion (*). Aussi, à l'arrivée des commis-

(') Le 18 septembre. Whitelocke, p. S32.

(^ Le 13 septembre,

(3) Les tords Northamberkad , Pembroke , Salisbury, Middteseï et S^y; lord Wepnaaa, HûJKs,^ Pi^erpoint, y«|ie , Griiostone , sir Joha Poits, John Crew, Siamuel Brown, foha G\J^n et John Èutkley.

(<) Pari, Hist., t. in»<ol. 1001. /our»al& of tht house of Lords y ^ août.

sairses^fifs la petite viik de Newpof t {% V&tipom^ hfùiAeut étmt lel qjw t^ot« jonirf g'éootUèr^nt avasA qoe tous Tes nâoareauk rcnm ensses^l téussi si m lûgar. Ëh atteàiÈint^ les coiiimisisdrea saprésefttabnt chaque matin ehç^.to roi, pirofondteiétit Yegpcelueut) mas très réser^^ ^^ sana que nul osât Fealretemr en pàrlîculiiSr* La .pUipaH, 0n i^ovancbey eommuni<|uaieaAlafBf^îKènîmi^Blavf)Q|^^ coQaeiller»^ ût lui feUai^nt passée aiti^i leiifsavisj^ Tc^iàortant sorlowl à aceopler. prctf»plQfijonti,, fît pi^esque s^t^s déb^t^ les propo^itiess d^\ parlcQjiont; cmr, (Hsaientr^ils^ tout osH pardu^i.ls^ A^oc^a^^uoi n'est pas coadue et le roi de ^eto^r à Lo^rea avant qnel^tmée et Cmm^l a^QQt ()H,I@,tpT^p|i^; d'y reviâiir (^)» €bii^le^#emblatt: croiie i^Ja sincé-r, nté de leurs ^eottseiU et f nc^n à s'y, c^fori^er;. n^s il îiourrrissàît au fond ducçeurund bien $utro. es^pérancd : Oirmondy depuis six jaiois; rçfugi^ à Pftris f ^) 9 était slir là i^ai ^e £^f ^tre m jb^apde^t polurvu de/lVg«»t 6.t des muiiUioos, que la cour, de Franoe lui avait pr^emis ; il devait en aririyant^; et de coneert avec lord Incbiquin , conclure la paix

.{») Lel5septemt^re. ^ ' '

(2; ClarcDdon , fiisi. ofthe rébell,, t. TX, p. ^22-224; JIT^mdres rfe^

Herbert, p. 7U .... .''

;3) Kn mars I6*R. " '" ' ' - . ^

av«c Im catholiqpm /engager centre lè fnrleiMnt eue guèite vigouremey et le M ^ »*év«âiintelore^ tMrottferait vm reftiime etëetteUtts (^ t «t£ettf V éo«ve)le négectalion^ éerivak^l à tir WilHaifir li Heplâm ^ diprgé de préparer sa Idite , aéra 4^L- » êdire pomme le» autrea^ nreii n'eat changé dans ^ mea deaseipa^. » i^ea oenlérenoeaa^ottvrlreat eM^^ eiellenient le ISeepCembre, |e roi pkeé aornon dais j an beat de là aalle ; devant l«i/à jpmà&ài^ lance y les eommisaaires de Weatminater aaab autour dHine laMe ; derHène bob ftiotenU , séa coû- ^tietsi debout et aiïegdeux ; e» «'était avec te' roi en personne que le parleraient voulait triiiterr tout intermédiaire kri semblait au<^deéaoua de aa: dignité; ^ dans leur pôttotucUe feoumîsinen y les ' obramissaîres. s'étaient décîdéa à grand'peine à souffHr la présence de qiiekjues téffiêinsv Ciiiarlea: souteiiaît donc smtl ht discuséion; au besoin fc^-» lement il pouvait passer daiwii là <*atebie yoiame^ et prendre Tavis de ses conseillera f). A là vue^e: u^i» i»#^s ftSfMf <u%lifei(i^ Ai^\Àntffaint de aeaitfftre à

(•) Carte, Ormmd:s LifOy t. Il, p. 20-38.

(2) En aeûl 1648. Les lettre» du roi à sir WiHIam Hopkins ont été ^i^i^s dam la |ff)i»i^^ ëditiop de ^ouvrage de WagstalT, intltirié : yindkcUUmoftheroyaljnariyr.

(3; Mémoire de Herbert, p. 72 ; de Warwiek , p. 275. — Clarcndon, 1Hst,afthe r«*eW., t. IX, p. 225.

)ui*môliMi y xme Merète émotion traversa lé cœui* dé tous W assistants. Les cheveux de Charles aviHent blanchi {*) ; Texpressien d'une tristesse habituelle s^é tait unie à la fierté de ses regards; son maintien ^ sa toix, tou^ ses traits révélaient une âfi^ toujours hautaine et pourtant vaincue, également incapable de lutter contre sd destinée et de s'en laisser abattre, touchant et singulier mélange de grandeur sans fonce et de présomption sah» espoir* Les propositions du parlement^ toujours les mêmes, sauf quelques modifications peu importantes , furent lues et examinées successivement : Charles se prêta de bonne grâce à la discussion, calme, répondant à tout, ne s'irritant' d'aucune résistance, habile à feire valoir toutes les ressources de sa cause, étonnant enfin par la ]>ermelé de son esprit, sa douceur, son 4ntelligence des affaires et des lois du rovaume, ses adversaires les plus préveAus : « Le roi^ dit un jour lé comte ir^e Salisbory à ^r Philippe ^Tarwick , a tkii dq » merveilleux progrès. — Non, milord, répondit- »Warwick, le roi a toujours été ce qu'il est » aujourd'hui, mais voire seigneurie s'en estapèr* »çue trop tard. »> Bulkley, l'un des commissaires

(<) Clarendon, Hist. ofthêf^MU,, t. IX, i^, 225-2^6.

AS2 RÉVW.UTION D*AN<?LETERRE.

des communes , le pressait de tout accepter, l'assurant que^ « le traité une fois conclu, le diable » ne viendrait pas à bout de le rompre* — Mon^ I» sieur, lui dit Charles, vous appelez cela un » traité? Rappelez-vous, je vous prie, cette que- » relie de la comédie , où Fun des deux champions » dit en sortant : Il y 4 eu et il n y a pas eu combat, » car il y a eu trois coups donnés et je les ai reçus ». tous les trois. C'est précisaient ce qui m'arrive, » car j'admets la plupart de vos; propositions; je »n'en écarte qu'un très petit nombre, et vou«, » vous ne me faites aucune concessicm (*), 3) II s'était résigné en effet à consentir, sur le commandement des forces de terre et de mer^ sur la nomination aux grands emplois , sur , TIHande , mfime sur la légitimité de la résistance qui avait amené la guerre civile ,. aux demandes du parlement; mais au lieu de céder d*un seul coup et sans hésitation , il disputait pied à: pied le terrain qu'il ne pouvait défendre , tantôt adressant luin^me aux chambres des propositions différentes, tantôt es^yant d'éluder ^es propre» concessions, obstiné à soutenir son droit au moment même où il y renonçait, inépuisable en subtilités, en réti-

(ï) Mémoires de Whnvnfk, p. 277-278.

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