‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 97 sur 116 · LIVRE HUITIÈME. (i647-i6/i9.) M · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. (i647-i6/i9.) M

Richmoud prit une capote de troupe ; ils sortiront^

traversèrent tous les postes et revinrent sans

obslacle^ Debout avec le roi ^ auprès d'une fenêtre,

les deux lords renouvelèrent avec passion leurs

instaaces; le colonel^ trempé de pluie ^ était seul

devant la cheminée : « Ned Cook, lui dit brusque-

» ment le roi en se tournant vers lui ; que me

» conseillez-vous?» Cook hésitait à répondre : « Le

» roi , dit-il , a ici ses conseillers. — Non , non ,

» mon cher Ned, je vous ordonne de me dire votre

» avis. — CooK. Eh bien ! sire , que votre Majesté

» me permette de lui adresser une question. —

» Le Rçi. Parlez, — Gook. Si non seulement je dis,

» mais si je prouve à votre Majesté que Tarmée

» veut se saisir de sa personne, si j'ajoute que j'ai

» le mol d'ordre, des chevaux près d'ici, un bateau

» à mon service et.qui m'attend, que je suis prêt à

» accoippagner le roi, que cette nuit si noire semble

» faite exprès , que je ne vois point de véritable

» obstacle^ que fera votre Majesté?» Charles garda

un moment le silence ; puis , secouant la tète :

^ Non, dit-il, ils m'ont donné leur parole, je leur

» ai donné la mienne; je n'y manquerai point. —

» GooK. Mais, sire, je présume que, par i/i* et /ewr,

» votre Majesté veut dire le parlement; or, tout

» est changé; c'est l'armée qui veut jeter en prison

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» votre Majesté. — Le roi. N'importe ; je ne man- » querai pas à ma parole : bonsoir , Ned; bonsoir , i>Lindsey; je vais dormir aussi lon^^temps que » je pourrai. — Cook. Sire , je crains que ce ne t» soit pas long. — Lr roi. Gomme il plaira à IHeu.» Il était une heure ; ils sortirent , et Charles se coucha, Richmond resté seul auprès de lui.

Au point du jour , on frappa à la porte ; « Qui » ètes-vous? que voulez-vous? demanda Richmond. » — Des officiers de Varmée qui Toulent parler au » roi. » Richmond n'ouvrait pas, attendant que le roi fiii habillé ; on frappa de nouveau et avec violence : « Ouvrez, » dît Charles au duc; et avant qu'il fût hors de son lit, plusieurs officiers, le liautenant--colonel Cobbelt à leur tète ^ se précipitèrent dans la chambre : «Sire, ditCobbett, nous » avons ordre de vous emmener. — Le nm . Ordre » de qui? — Cobbett. De l'armée. — Le roi. Où » voulez-vous m'einmener? — Cobbett* Au châ- » teau. — Le ROI. A quel château? — Cobbett. Au » château. — Le roi. Le château n'est pas un chà- » teau; je suis prêt pour quelque château que ce » soit: nommez-le. » Cobbett consulta ses compagnons, et se décidant enfin : « Au château de Hurst; » dit-il. — Le roi, à Richmond: Ils n'en pouvaient j> nommer un pire. » Et se tournant vers Cobbett:

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« Ne puis- je avdr aucun de mes serviteurs? — » Gomisrr.Seuleifient les plus nécessaires. «Cbarles désigna ses deux valets de chambre y Harringlon et Herbert^ et Mildmay, son écùyer tranchant* Riclisiond sortit pour filtre préparer le déjeuner; mais/àv^nt qu'il tùi prét^ les chevaux arrivèrent : « Sire, dit Cobbetty il feut partir. » Le roi monta en voiture sans mot dire, Harringlon, Herbert et Mildmay avec hii. Cobbett se présenta pour y entrer, mais Charles lui fa^rra le chemin avec le pied, et filt fermer aussitôt la portière. On partit sous l'escorte d'un détachement de cavalerie : un petit bâtiment attendait à Yarmouth ; le roi s'embaf qua, et trois heures après, il était éiifermé à Hurst- Castle , sans aucune communication au dehors , dans un appartement si sombre qu^à midi il y fellait des Hambeaux, et sous la garde du colonel Ëwers ,^ geèlier bien plus rude et plus menaçant que ne l'avait été Cobbett (*).

A cas nouvelles , les presbytériens donnèrent à leur indignation un libre cours : « I^ chambre, » s'écriatent-ils , a garanti le roi , pendant son se- » jour à Newpor^ , respect , sAreté et libjerlé ; elle

(1) Colonel Cook's narrative , dans Rushworlh , pari. 4, t. U , p. 1344-1348. — Mémoires de Herbert, p. 79-91. Pari, im., col. 1149-1151. — CJarendon, lîist. oftherebelL, l. ÏX, p. 271.

» est déshonorée aussi bien que perdue si elle ùe » repousse avec édat celte iatolente rébeUien. » On vota y en effet , que Tenlèvemenl dq roi avait eu lieu à Tinsu et sans le consentement de ht chambre ; on reprit avec un redoublement de pa&« sion le débat relatif à la paix. Il durait déjà depuis plus de douze heures; la nuit était 4rès avancée; quoique rassemblée fût encore nombreuse, la fatigue commençait à surmonter le aèle des feibles^ des vieillards; un homme se leva, fameux entre les martyrs des libertés, publiques^ mais qui nesié* geait dans la chambre que depuis trois semaÎBes, ce même Prynne qui, douze ans auparavant, avait soutenu, contre la tyrannie de Laud et de la cour, le plus rude combat (*) : « Monsiew Torateur, dit^ » il , on sait que je veux parler de la paix , et déjà » on me taxe d'apostasie ; déjà , par allusion au » titre de Tun de mes ouvrages, on m'appelle le » favori royal. Voici toutes les feveurs que j'ai » jamais reçues de sa Majesté ou de son parti. Ils » m'ont fait couper les oreilles à deux reprises et » de la l^çon la plus barbare; ils m'ont mis trois » fois au pilori, deux heures chaque fois ; ils ont » fait brûler mes ouvrages, bien qu'autorisés, sous

(*) Voyez cet ouvrage, 1. 1, p. 115.

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