‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 101 sur 113 · LIVRE DEUXIEME. (i6û016/i · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME. (i6û016/i

ire; Cromwell se hâta d'en infoniaer les communes, et reçut mission de prévenir ce danger {*). Encore peu apparent dans la chambre , mais déjà plu? habile et plus engagé que tout autre dans les trames de la révolution , c'était à ces soins extérieurs , à échauffer le peuple, à épier, à dénoncer, à déjouer les royalistes, que s'employaient alors son activité et son crédit.

La guerre prochaine n'était plus douteuse; les partis ne pouvaient plus vivre ensemble ni siéger dans les mêmes murs. Chaque jour des membres du parlement quittaient Londres, les uns, dégoûtés ou effrayés, pour se retirer dans leurs terres, les autres pour aller chercher ailleurs, loin d'une ville où ils se sentaient vaincus, de nouvelles armes contre leurs ennemis. La plupart se rendaient auprès du roi , qu'avaient déjà rejoint presque tous ses conseillers (^) . Un incident inattendu vint précipiter cette émigration et séparer sans retour les deux partis. Le 23 avril, le roi, à la tête de trois cents chevaux, s'avança vers Hull, et requit sir John Hotham, gouverneur de la place, de la remettre entre ses mains. Faible, irrésolu,

(«) Le 28 avril 1642. ParL Hist., t. II, col. 1194. (^) May, Hist, du Long-Pari, , 1. 1, p. 338-347, dans ma Collection. -^ Clarendon , Hist. ofthe rehell., l. IV, p. 654 etsuiv.

Sa2 RÉVOLimON D'ANGLETERRE.

peu animé contre la couronne, et sans instructions qui eussent réglé d'avance sa conduite , sir John, en proie à la plus vive perplexité , fit supplier le roi d'attendre qu'il eût informé de son vœu le parlement. Mais Charles approchait toujours et parut à onze heures sous les murs. Il avait des intelligences dans la ville ; la veille même, son fils Jacques , duc d'York , le prince Palatin , son neveu, et lord Newport y étaient entrés sous prétexte d'y passer lin jour. Déjà le maire et quelques citoyens marchaient vers les portes pour les lui ouvrir ; Hothain leur ordonna de rentrer chez eux , et suivi de ses officiers, se rendît sur le rempart. Là le roi en personne le somma de le recevoir. Sir John toniba à genoilx et s'excusa avec angoisse , au nom du serment qu'il avait prêté de garder la place selon les ordres du païlenient. De violents murmures s'élevèrent parmi les cavaliers qui entouraient le roi; ils menaçaient sir John, l'appelant rebelle et traître : « Tuez-le l eriaient-ils aux » officiers de la garnison ; jetez-le en bas. » Mais les officiers avaient décidé la résistance du gouverneur. En vain Charles lui-même essaya de les intimider ou de les séduire ; après de longs pourparlers, il se retira, mais à peu de distance, et au bout d'une heure, fit demander à sir John de l'ad-

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