‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 104 sur 113 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

de la salle où les royalistes s'étaient réuqis. L'entrée leur en fut interdite; ils s assemblèrent ail-: leurs, et protestèrent contre les mesures dont i|s entendaient parler. La noblesse même se divisa; à la proposition de lever une garde , plus de cinquante gentilshommes répondirent par un refus signé de leurs noms; à leur tête s'inscrivit sir Thomas Fairfax (^), jeune encore et inconnu, mais déjà le plus courageux et le plus sincère des patriotes du pays f ). Charles intimidé annonça une nouvelle réunion où tous les francs- tenanciers seraient convoqués; le§ commissaires du parle-' ment reçurent défense d'y paraître ; ipais elle se forma dans la plaine dite Heyworth-Moor {% prèa de leur demeure, et de moment en moment on venait chercher leurs conseils. Plus de quarante mille hommes étaient là , gentilshommes, francstenanciers, fermiers, bourgeois, à pied, à cheval, les uns arrêtés en groupes, les autres parcourant 1% plaine pour reconnaître et rallier leurs amis. Bientôt les cavaliers Sv'aperçurent qu'une pétition circulait, destinée à conjurer le roi de bannir

(•) Né en janvier 1611, à Denton, dans le comté d'York. ('^) Lettre du comité d'York au parlement, en date du 13 mai. {Pari. Hist., t. II, col. 1226-1233.) (3) Le 3 juin 1642.

toute pensée de guerre , et de s'entendre avec son parlement. Ils éclatèrent en invectives, en menaces, se portant violemment sur les groupes, arrachant à ceux qui la lisaient les copies de la pétition y et déclarant que le roi ne la recevrait point (^). Charles arriva, embarrassé, plein d'humeur , ne sachant que dire à cette multitude dont la présence et le tuooulte offensaient déjà son inhabile gravité. Après la lecture d'une déclaration équivoque, il se retirait avec hâte pour éviter toute réclamation, lorsque le jeune Fairfax réussit à s'approcher de lui, tomba subitement à genoux, et déposa la pétition sur le pommeau de sa selle, bravant ainsi , môme à ses pieds , le courroux du roi, qui poussa aussitôt son cheval sur lui et le heurta rudement, mais en vain, pour le contraindre à s'éloigner (*).

Tant de hardiesse eu présence du roi , dans le comté le plus dévoué à sa cause, intimidait les royalistes, ceux-là surtout qui arrivaient de Londres , l'esprit frappé de la puissance et de l'ardeur

(<] Sixième lettre du comité d'York au parlement, en date du 4 juin 1642. — Lettre de sir John Bourchier, qui assistait à rassemblée de Heyworth-Moor, à son cousin sir Thomas Barria^ton , membre de la chambre des communes, de la même date. [Pari. Hisl.,i. Il, col. 1345- 1353.)

(2) Carte, Life ofOrmond, t. I, p. 357.

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