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ques lui semblait déjà un empiétement ; la liberté des discours Foffensait. Un partisan de la cour, M. Edouard Clarke, essaya de s'en plaindre dans la chambre : « On s'était servi , dit41 , de paroles » inconvenantes et amères. » Un cri général le somma de paraître à la barre et de s'expliquer ; il insista ; on fut sur le point de prononcer son expulsion (*).
Les discours en effet étaient hardis, bien qu'en termes humbles : « Nous ne demandons point au » roi d'éloigner de mauvais conseillers, comme le » fit le parlement sous ses prédécesseurs Henri IV » et Henri VI. Nous ne voulons point intervenir » dans les choix , comme cela s'est vu sous » Edouard II et Richard II, Henri IV et Henri VI ; » ni que ceux que le roi aura choisis soient tenus » de prêter serment devant le parlement, comme » il est arrivé sous Edouard I*', Edouard II et Ri- » chard II ; ni que le parlement leur prescrive d'a- )' vance la conduite qu'ils auront à tenir, comme » il crut le devoir sous Henri III et Henri IV ; ni » même que Sa Majesté promette, comme Henri III, » qu'elle fera toutes choses avec rassenliment du K grand conseil du pays , et rien sans son aveu. » Nous exprimons seulement, et en sujets fidèles,
(«) 6 août 1625. Varliam. llist., t. U, col. 13.
» nos modestes désirs. Puisque le roi s'est en* » touré de conseillers sages ^ pieux- et honorables, » nous souhaitons que, de concert avec eux, il 3» porte remède aux maux de TÉtat, et ne se » laisse jamais guider par un seul homme , ni par » de jeunes conseils. » Ainsi parlait sir Robert Cotton, savant illustre et orateur modéré {*); et la chambre , protestant avec lui qu'elle n'avait point dessein d'imiter les anciennes hardiesses du parlement, s'applaudissait de les entendre rappeler.
Le roi prenait de l'humeur ; cependant il ne se plaignait point. Un tel langage, déjà importun, ne lui semblait pas encore dangereux. D'ailleurs il avait besoin de subsides. Le dernier parlement avait souhaité avec ardeur la guerre d'Espagne; celui-ci ne pouvait refuser de la soutenir. Charles insistait pour que sans retard on lui en fournit les moyens, promettant de redresser les justes griefs.
Mais la chambre ne se fiait plus aux promesses, même d'un roi qui n'en avait encore violé aucune et qu'elle estimait. Les princes héritent des fautes
0) 6 août 1625. Parliam. Ilist.y t. II, col. 14-17. Ce discoursa été pris dans les Œuvres posthumes de sir Robert Cotton , publiées par Howell, en 1651.