‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 22 sur 113 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

échapper ; il fallait bien trouver d'ailleurs quelque expédient pour sortir d'embarras^ pour se procurer des ressources. On avait épuisé ce qu'on savait ou ce qu'on pouvait en feit de tyrannie. Sir Robert CottoDy comme le plus doux des hommes populaires , fut appelé aux conseils du roi. 11 y parla avec sagesse et franchise > insistant sur les justes griefs de la nation, sur la nécessité de les redresser pour obtenir son appui ^ et rappelant ces paroles de lord Burleigh à la reine Elisabeth : « Gagnez leur «cœur, vous aurez leur bourse et leurs bras {*). » Il ouvrit l'avis de convoquer un nouveau parlement; et pour réconcilier le duc do Buckingham avec le public, on convint que, dans le conseil où cette résolution serait officiellement adoptée, la proposition viendrait de lui. Le roi se rendit à l'avis de sir Robert.

Aussitôt les prisons s'ouvrirent; les hommes qu'on y avait jetés pour leur résistance à la tyrannie en sortirent brusquement (*), insultés hier, puissants aujourd'hui. La faveur publique les accueillit avec transport; vingt-sept furent élus(^). Le parlement s'assembla (*) .

(ï) Pari. m$t,y t. II, col. 212-217.

(2j Au nombre de soixante-dix-buit. Bushworlh, t. I, p. 473.

(8) Ibid.

(*) 17 mars 1628.

« Messieurs^ dit le roi en ouvrant la session, que

» chacun agisse désormais selon sa conscience. S'il

» arrivait (ce que Dieu veuille prévenir !) que, né-

» gligeant de me fournir ce que réclament aujonr-

» d'hui les besoins de l'État , vous ne fissiez pas

» votre devoir, le mien m'ordonnerait d'user alors

» des autres moyens que Dieu a mis en mes mains

»pour sauver ce que compromettrait la folie de

» quelques hommes. Ne prenez point ceci pour

» une menace; je dédaigne de menacer tout autre

» que mes égaux ; c'est un avertissement que vous

j> donne celui à qui la nature et son devoir ont

» confié le soin de votre prospérité et de votre sa-

» lut. Il espère que maintenant votre conduite le

» perlera à trouver bons vos précédents conseils,

p et que je vais contracter , par reconnaissance ,

» des obligations qui m'engageront à vous appeler

» souvent près de moi (*). »

Le garde du sceau, parlant après le roi, ajouta : a Sa Majesté , pour lever des subsides, a cru de- » voir s'adresser au parlement ; non comme au seul » moyen , mais comme au plus convenable ; non » qu'elle n'en ait pas d'autres , mais parce que » celui-là s'accorde mieux avec ses gracieuses in- » tentions et le désir de ses sujets. Que s'il tar-

(») ParL Hist,, 1. 11, col. 218.

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