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» dait à réussir, Id nécessité et Tépéo de Tennemi » notis foTceraicmt d'entrer dans d'autres Aboies. » N'oubliez pas l'avertissement de Sa Majesté ; je » vous le répète, ne l'oubliez pas (*). »
Ainsi Charles essayait , par son langage, de démentir sa situation : solliciteur hautain , succom* bant sons le poids des revers et des feutes, il menaçait de déployer cette majesté indépendante , absolue , supérieure à toutes les fentes et à tous les revers. 11 en était si infatué qu*jl n'entrait pas dansisa pensée qu'elle pût souffrir aucune atteinte ; et plein d'une arrogance sincère, il croyait devoir à son honneur, à son rang, de se réserver les droits et le ton de la tyrannie en réclamant les secours de la liberté.
Les communes ne se troublèrent point de ces menaces ; une pensée non moins fière, non moins inflexible, les préoccupait. Elles avaient résolu de proclamer solennellement leurs libertés, de contraindre le pouvoir à les reconnaître primitives, indépendantes, de ne plus souffrir enfin qu'aucun droit, passât pour une concession , aucun abus pour un droit. Ni les chefs ni les soldats ne manquaient à ce grand dessein. Tout le peuple se pressait autour du parlement. Dans son enceinte,
(I) Pari. Ilist., t. JI, col. 221
liQ RÉVOLUTION D'ANGLETERRE.
des hommes habiles et hardis dirigeaient ses conseils : sir Edouard Coke , l'honneur de la magistrature, et non moins illustre par sa fermeté que par sa science (*) ; sir Thomas Wentworth , depuis lord Strafford (*), jeune, ardent , éloquent, né pour commander, et dont l'ambition semblait alors se contenter de Fadmiration de son pays ; Denzil HoUis (^), fils cadet de lord Clare , compagnon de l'enfonce de Charles, mais ami sincère de la liberté, et trop fier pour servir sous un favori ; Pym, savant jurisrconsulte, versé surtout dans la science des droits et des usages du parlement (*), esprit froid et audacieux , capable de marcher avec prudence à la tête des passions populaires; et tant d'ai^tres, réservés, dans un avenir qu'aucun d'eux ne soupçonnait , à des destinées bien diverses , même à des causes ennemies, maintenant unis par des principes et des désirs communs. La cour n'opposait à cette coalition redoutable que la puissance des habitudes, la témérité capricieuse de Buckingham et la hauteur obstinée du roi.
(0 Né à Mileham, dans le comté de Norfolk, en 1549; il avait alors soixante-dii-neuf ans.
(2) Né à Londres , le 13 avril 1593 ; il avait alors trente-cinq ans.
(3) Né en 1597, à Haughton, dans le comté de Nottingham; il avait alors trente et un ans.
{*) Né en 1584, dans le comté de Somerset; il avait alors quarante-quatre ans.
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Les premières relations du prince et du parlement furent bienveillantes. Malgré ses menaces, Charles sentait qu'il fallait fléchir ;* et déterminées à ressaisir tous leurs droits, les communes avaient aussi le ferme dessein de lui témoigner leur dévouement. Charles ne s'offensa point de la liberté des discours , et les discours furent loyaux autant que libres. « Je supplie la chambre, dit sir Ben- » jamin Rudyard (*), d'éviter soigneusement tout » sujet de vaine contestation ; les cœurs des rois » sont hauts comme leur fortune; il leur convient » de céder quand on leur cède à son tour. Ouvrons » au roi un chomin pour revenir à nous comme de » lui-même ; je suis convaincu qu'il en attend impa- » tiemment l'occasion. Consacrons tous nos efforts » à mettre le roi de notre côté , nous obtiendrons » toutcequenouspouvons désirer.» Tousles esprits n'étaient pas également préoccupés de ces pacifiques pensées ; il y en avait de plus durs qui prévoyaient moins les malheurs d'une rupture nouvelle, et pressentaient mieux l'incorrigible nature du pouvoir absolu. Tous cependant se montrèrent animés des mêmes désirs ; et la chambre, menant de front l'examen des griefs avec celui des besoins du trône, vota unanimement, après quinze jours
C>) 22 mars 1628. ParL Hisl., t. II, col. 235.
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de session (^j^ ud subside considérable^ sans convertir pourtant aussitôt son vote en loi.
La j6ie de Charles fut extrême; il conYoqua sur-le-champ un grand conseil (*); et l'informant do vote de la chambre : «Quand je suis monté sur » le trône, dit-il^ j'aimais les parlements ; depuis^ ^ je ne sais comment, je les avais pris en dégoût; » maintenant je me retrouve comme j'étais d'à* » bord; je les aime et je me réjouirai de me réunir » souvent à mon peuple : ce jour me vaut y dans » la chrétienté, plus de crédit que si j'avais gagné x> bien des batailles. » La même joie éclata dans le conseil ; Buckingham crut devoir, comme Charles, exprimer hautement la sienne; il félicita le roi d*un si heureux accord avec le parlement : « Ceci , dit-il, est bien plus qu*un subside ; c'est w Touverture d'une mine de subsides enfouis au » cœur de vos sujets. Et maintenant, sire, daignez » me permettre d'ajouter quelques paroles : je » l'avouerai, j'ai vécu longtemps dans la douleur; » le sommeil ne me donnait plus de repos ni la » fortune de contentement , si profond était mon » chagrin de passer pour Thomme qui séparait le » roi de son peuple, et son peuple de lui. Désor-
(J) 4 avril 1628.
(2) 6 avril 1628.
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» BOâis il sera clair qu'il y a ea quelques esprits » prévenus qui Youlaient faire de moi un mauvais » génie d'interposant toujours entre un bon maître » et de loyaux sujets. Avec la £aiveur de Votre » Majesté y je m'efforcerai de me montrer comme » un génie bîen£aisant ^ sans cesse appliqué à » rendre à tous de bons ofiices y des offices de » paix (*)•»
Le secrétaire d'Ëtat Gook rendit compte à la chambre de la satisfaction du roi et de la faveur qu'en toutes choses il était prêt à montrer au parlement (^). Les communes s'en applaudirent; mais Gook ^ avec l'imprévoyante bassesse d'un courtisan ^ avait aussi parlé du duc de Buckingham et de son discours dans le conseil ; la chamr bre en fut offensée : «Est- il donc un homme, » quel que soit son rang, dit sir John Ëlliot , qui » ose croire que sa bienveillance et ses paroles » nous seront un encouragen^nt à bien remplir » nos devoirs envers Sa Majesté? ou supposerait- » on qu'un honane ait le pouvoir d'inspirer pour » nous à Sa Majesté plus de bonté que d'elle-même » elle ne voudrait nous en porter? Je ne saurais 9 le croire. Je suis prêt à louer, à remercier même
1>) Pari. Hist.y t. II, col. 274.
P) 7 avril 1628.
» quiconque emploiera pour le bien public son » crédit et ses efforts ; mais tant de présomption V répugne aux coutumes de nos pères et à notre » honneur; je ne puis en être informé sans sur- » prise, ni la laisser passer sans blâme. Je souhaite » qu'une telle intervention ne se renouvelle plus. » Occupons-nous du service du roi ; nous lui de- » viendrons, je l'espère, si utiles que nous n'aux> rons besoin d'aucune aide pour gagner son af- » fection(*). »
Cette juste fierté parut à Charles une insolence, àBuckingham un symptôme assuré de nouveaux périls; cependant ni l'un ni l'autre n'en témoigna rien , et la chambre poursuivit ses travaux.
Elle était entrée en conférence avec la chambre haute pour déterminer de concert les justes droits des sujets, et en réclamer, auprès du prince, une nouvelle et solennelle sanction (*). Charles, informé des desseins que manifestaient, dans ces conférences , les commissaires des communes, en conçut un violent ombrage. Il fit exhorter la chambre à presser le vote définitif des subsides, et son ministre ajouta : « Je dois vous dire avec
1») ParL Hist.t t. II, col. 273.
(2; 3 avril 1 628
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» quelque chagrin qu^il est parvenu aux oreilles » de Sa Majesté qu'on se proposait de réclamer, »noD seulement contre les abus du pouvoir^ mais yi contre le pouvoir lui-même ; ceci touche de bien »près le roi, et nous aussi, que soutient sa main. » Parlons au roi des abus qui ont pu se glisser dans » l'exercice de son autorité, il nous écoutera vo-* » lontiers ; mais ne nous élevons pas contre l'é^ » tendue de sa prérogative ; il en veut redresser les » torts, mais non mutiler les droits (^). »
De son côté , la chambre des pairs, servile ou timide, engagea les communes à se contenter de demander au roi une déclaration portant que la grande charte , avec les statuts qui l'avaient con^ lirmée, était en pleine vigueur, que les libertés du peuple anglais subsistaient comme aux temps passés, et que le roi ne ferait usage des prérogatives inhérentes à sa souveraineté que pour le bien de ses sujets (^).
Le roi réunit tes deux chambres en séance so^ lennelle, leur déclara qu'il regardait la grande charte comme intacte , les anciens statuts comme inviolables , et les invita à compter pour le main* tien de leurs droits sur sa parole royak, où elles
(I) i2 avril 1628. ParL HisL, t. Il, col. 278. [^} 23 avril 1628. Pari. Ilist.y t. Il, col. 329.
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kouvaraieot y leur dît-il , plus de sécurité qu'aucuue loi nouvelle n'en pourrait donner (*).
Les communes ne se laissèrent ni intimider ni séduire. Les abus récents avaient bravé la force et dépassé la prévoyance des anciennes lois ; il fidlait des garanties novvelles, ex^dtes, revêtues de la sanction du parlement tout entier* C'était ne rien £ûre que de renouveler vaguement des promesses tant de fois violées, des statuts si longtemps ou* bliés. Sans se répandre en pardes , respectueuse mais inébranlable, la chambre fit rédiger le femeux bill connu sous le nom de pétition des droits, radopta, et le transmit à la chambre haute pour qu'il reçût aussi son assentiment f ).
Lés pairs n'avaient rien à dire contre un bill qui consacrait des libertés reconnues ou réprimait des abus universellement réprouvés. Cependant le roi revenait à la charge, demandant de nouveau qu'on se reposât sur sa parole, offrant de confirmer, par un nouveau bill , la grande charte et les anciens statuts , adressant aux pairs conseil sur conseil^ aux communes message sur message 9 profondé-* ment irrité, mais prudent et doux dans ses discours, proclamant seulement sa ferme résolution
(«) 28 avril 1628. Pari. Hist., t. lï, eol. 3^52. [^) 8 mai 1628.
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de ne kissar restreindre aucun de ses droits, comme de n'en abuser jamais.
La perplexité des pairs était grande : comment g^urantir les libertés du peuple sans retirer au roi le pouvoir absolu ? car telle était la question* Oa tenta un amendement : le bili fut adopté avec cette addition : « Nous présentons humblement » cette pétition à Votre Majesté, afin d'assurer nos »pro{^es libertés 9 mais aussi avec le juste des* » sein de laisser intact ce pouvoir souverain dont » Votre Majesté est revêtue pour la protection , la » sûreté et le bonheur de ses sujets (^). >»
Quami le bill ainsi amendé revint aux communes : « Ouvrons nos registres , dit M. Âlford, » et voyons ce qu'ils contiennent : qu'est-ce que » le pouvoir souverain ? Selon Bodin , c'est celui • qui est libre de toute condition. Nous reconnaît » trons donc un pouvoir légal et un pouvoir royal ; » donnons au roi ce que la loi lui donne j et rien » de plus. » — « Je suis hor^ d'état, dit M. Pym, » de parler sur cette question , car je ne sais où » elle réside ; notre pétitioa réclame les lois de « l'Angleterre; il s'agit ici d'un pouvoir distinct » de celui des lois : où le trouver ? il n'est nulle
(*) 17 mai 1628. Pari. îlist., t. ïî, col. 355.
» part , ni dans la grande charte , ni dans aucun » statut ; où le prendrions-nous pour le concéder?» — « Si nous adoptons cet amendement , dit sir » Thomas Wentworth , nous laisserons les choses » en pire état que nous ne les avons trouvées ; » nous aurons écrit dans une loi ce pouvoir sou- » verain que nos lois n'ont jamais connu (*). »
La chambre tint bon : le public pressait ; trop feibles pour réclamer hautement la liberté , les pairs Tétaient trop aussi pour avouer sans détour la tyrannie. Ils retirèrent leur amendement; par égard pour eux, une phrase vaine y fut substituée, et la pétition des droits , adoptée par les deux chambres , fut solennellement présentée au roi , qui, vaincu aussi, avait enfin promis de l'accueillir (®j.
Sa réponse fut vague, évasive (®) ; il ne sanctionna point le bill , et ne dit" que ce dont la chambre n'avait pas voulu se contenter.
La victoire échappait aux communes ; en rentrant dans leur salle , elles reprirent l'attaque (*). Sir John Elliot récapitula avec violence tous les griefs de la nation ; l'huissier eut ordre de se tenir
(«) 18 mai 1628. ParL Hist., t. II, col. 356-359.
(2) 28 mai 1628.
(3) 2 juin 1628. ParL UisL, t. II, col. 374-377. rt 3 juin 1628. Pari. Ilist., t. II, col. 380.