‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 24 sur 113 · LIVRE PREMIER. (1625-1629.) - b · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. (1625-1629.) - b

à la porte pour qu'aucun membre ne sortît, sous peine d'être envoyé à la Tour. On arrêta qu'une remontrance générale serait présentée au roi ; le comité des subsides fut chargé de la préparer.

La crainte gagnait quelques hommes, cette crainte honnête qui naît à l'aspect d'un grand trouble, et sans plus chercher qui a raison ni ce qu'il faut faire , veut qu'on s'arrête dès qu'on se précipite avec passion. On accusait sir John EUiot d'inimitiés personnelles , sir Thomas Wentworth d'imprudence ; sir Edouard Coke, disait-on, a toujours été Tude et obstiné (*). Le roi crut pouvoir saisir, dans cette disposition, un moyen de relâche, peut-être même de retour. Il fit défendre à la chambre de se mêler désormais des affeires d'État (*).

La chambre entière fut consternée : c'était beaucoup trop, et une insulte dans l'opinion même des plus modérés. Tous se taisaient : « Il faut, dit sir » John Elliot , que nos péchés soient bien grands ; » Dieu sait avec quelle affection , quel zèle nous » nous sommes efforcés de gagner le cœur du roi ! » De faux rapports , à coup sûr , nous ont attiré » cette marque de son déplaisir. On dit que nous

(>) Pari. Hist.f t. Il, col. 385.

(2) 5 juin 1628. TaH. Hist.j t. U, col. 401.

50 HKVOLrTION D'ANGLETERRK.

D avons jeté quelques soupçons sur les minislres » de Sa Majesté; aucun ministre » quelque c|ieF » qu'il soit^ ne pourrait »

A ces mots y Torateur se leva brusquement de sou fauteuil, et dit en pleurant : « J'ai ordre d'in- » terrompre quiconque parlera ms^l des ministres » du roi. » Sir Jobn se rassit.

« Si nous pe pouvons parler de ces choses dans » le parlement , dit sir Pudley Diggs , levons - » nous et sortons, ou restons ici oisii^ et nfiuets. » Le silence redevint général.

a II faut parler maiqtensint ou nous tfiire à » jamais , s'écria enfin sir Nathaniel Rich ; il ne » nous convient pas de nous t^ire en un tel péril. » Le silence no)is sauverait, nous, mais il p^rd \^ fi roi et l'État. Allons trouver les lor4s ; qu'ils » sachent nos dangers , et nous irpiis tous en- 9 semble porter au roi nos représentations;, p

Soudain la chambrç psissa d^ la stupeur à la colère ; tous les membres se levèrent ; tous parlaient au milieu de la confusipn : c< Le roi est bon, » dit M. Kirton, aussi bon qu'aucun prince qui ait » jamais régné ; ce sont les ennemis de l'État qui )» ont prévalu auprès de lui : mais Dieu nous en- » verra, j'y compte bien, des cœurs, des bras et des » épéos pour couper la gorge aux ennemis du roi

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