‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 25 sur 113 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

» et aux nôtres. » — « Ce n'est pas le roi , reprit » le vien^ Coke , c'est le duc qui nous dit : Ne » vous mêlez plus des affaires d'État. » — « C'est » lui ! c'est lui 1» s'écria^t-on de toutes parts. L'orateur avait quitté son Êiuteuil ; le désordre allait croissant daqs les esprits comme dans l'enceinte^ et nul ne tentait de le calmer ^ car les hommes prudents n'avaient rien à dire : le courroux est quelquefois légitime, même aux yeux de ceux qui ûç s'irritent jamais (*),

Pendant que la chambre, en proie à ce tumulte, méditait les résolutions les plus violentes, l'orateur sortit secrètement et en toute hâte pour aller rendre compte au roi du mal et du péril (*). La peur passa de la chambre à la cour. Dès le lendemain, un message plus doux expliqua celui qui avait causé tant d'irritation (^) : mais des paroles ne pouvaient suffire ; la chambre demeurait trèsagitée ; on s'y entretenait de troupes allemandes déjà levées par les soins de Buckingham, et que bientôt on verrait débarquer ; un membre affirma que , la veille , douze officiers allemands étaient arrivés à Londres , et que deux vaisseaux anglais

(<) Pari. Hist.f t. Il, col. 401-405.

(2) 76f(l.,col. 403.

0) Jhid., col. 406.

52 RÉVOLCTION D'ANGLETERRE.

avaient reçu rordre de transporter les soldais (*^). Les subsides étaient encore en suspens. Charles et son fevori craignirent d'affronter plus longtemps une colère chaque jour plus puissante. Ils ne doutaient pas que la pleine sanction de la pétition des droits ne suffit à tout calmer ; le roi se rendit à la chambre des pairs^ où les communes s'étaient aussi réunies (*). On s'était trompé, dit-il, en supposant dans sa première réponse quelque arrièrepensée , et il était prêt à en donner une qui dissiperait tout soupçon. La pétition fut lue de nouveau, et Charles répondit par la formule usitée : « Soit droit fait comme il est désiré. »

Les communes revinrent triomphantes; elles avaient enfin arraché la reconnaissance solennelle des libertés du peuple anglais. Nulle publicité ne devait y manquer : il était convenu que la pétition des droits, imprimée avec la dernière réponse du roi, serait répandue dans le pays, et enregistrée, non-seulement dans les deux chambres^ mais' aussi dans les cours de Westminster. Le bill des subsides fut définitivement adopté. Charles se crut au terme de ses épreuves : « J'ai fait tout ce qui me regarde, » dit-il ; si ce parlement n*a pas une heureuse fin,

(') Pari. [list.^ t. II, col. 408. Rushworth, 1. 1, p. 612. (2) Le 7 juin 1628.

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