LIVRE DEUXIÈME
Intentions du roi et da conseil. — Poursuites contre les che&da parlement. — Apathie apparente de l'Angleterre. — Lutte des ministres et de la cour. — La reine. — Strafford. — Laud. — Incohérence et discrédit du gouvernement. — Tyrannie civile et religieuse. — Ses effets sur les diverses classes de la nation. — Procès de Prynne, Burton et Bastwick. — De Hampden. — Soulèvement de l'Ecosse. — Première guerre avec les Écossais. — Paix de Berwick. -^ Court parlement de 4 640. — Seconde guerre avec les Écossais. ^- Son mau- \'ais succès. — Convocation du long parlement.
Rien n'es^t si périlleux que de prendre un système de gouvernement pour ainsi dire à Fessai, et avec cette arrière-pensée qu'on en pourra toujours changer. Charles avait commis cette faute. Il avait tenté de gouverner de concert avec le parlement, mais persuadé et répétant sans cesse que, si le parlement était trop indocile, il saurait bien s'en passer. Il entra dans la carrière du despotisme avec la même légèreté , proclamant son intention
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de la suivre, mais pensant qu'après tout , si la nécessité devenait trop pressante, il pourrait toujours recourir au parlement.
Ainsi en jugeaient ses plus habiles conseillers. Ni Charles , ni personne autour de lui ne conçut alors le dessein d'abolir sans retour les anciennes lois de l'Angleterre, le grand conseil national. Plus imprévoyants qu'audacieux, plus insolents que pervers, leurs paroles , leurs actes même dép^^^ient le but de leurs pensées. Le roi , se disaient-rils, s'était montré juste et bon envers son peuple ; il avait beaucoup pern^is , beaucoup accordé. Rien n'avait suffi à la chambre des communes ; elle exigeait que le roî se mît dans sa dépendance et sous sa tutelle; il ne le pouvait sans cesser d'être roi. Quand le prince et le parlement ne parvenaient pas à s'entendre, c'était au parlement de céder, car le prince seul était souverain. Puisque la chambre ne voulait pas céder, il fallait bien gouverner sana elle ; la iiécessité était évidente ; t0t ou tard le peuple la comprendrait , et alors , le parlement devenu plus sage, rien n'empêcherait qu'^u besoin le roi ne le rappelât auprès de lui.
Plus imprévoyante encore que le conseil, la cour ne vit guère , dans la dissolution , qu'une déli-