‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 29 sur 113 · LIVRE DFJJXlKMIi · texte numérisé non relu

LIVRE DFJJXlKMIi

vrance. f)n présence de la chambre des communes, les courlisans vivaient mal à Taise ; nul n osait poursuivre hardiment ss^ fortune , ni jouir haute* ment de son crédit, l^es embarras du pouvoir gé^naient les intrigues et attristaient les fôles dfl Whitehalt. Le roi était soucieux, la reine intimidée. Le parlement dissqps , ces inquiétudes et ces en^ traves disparaissaient ; les grandeurs frivoles re« trouvaient leur éclat, et les ambitions domestiques leur liberté. La cour n'en demandait pas davan^ tage, et s'inquiétait peu de savoir si, pour la satisfeire, on changeait le gouvernement du pays.

Le peuple ei^ jugea autrement : la dissolution fut, à ses yeux, un symptôme assuré d'un profond dessein , de la résolution de détruire les parlements. À peine la chambre des communes s'était séparée, et. déjà à Hamptoncourt , à Whitehall, partout où se rassemblait la coi^r , les papistes secre4s ou déclarés, les prédicateurs et les serviteurs du pouvoir absolu, les hommes d'intrigue ou de plaisir, indifférents à toute croyance , se félicitaient réciproquement de leur triomphe; tandis qu'à la Tour et dans les principales prisons de Londres et des comtés, les défenseurs des droits publics, traités à la fois avec dédain et rigueur , étaient détenus et accusés pour ce qu'ils avaient

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dit ou fait dans le sanctuaire inviolable du parlement (*). Ils réclamaient leurs privilèges, leur mise en liberté sous caution, et les jugés hésitaient à répondre; mai« le roi mandait les juges (^), et les requêtes des prisonniers étaient repoussées- Le courage ne leur manqua point dans cette épreuve ; la plupart refusèrent de s'avouer coupables d'aucun tort et de payer Tamende à laquelle on les condamna. Ils aimèrent mieux rester en prison. Sir John Elliot devait y mourir.

Tant que dura cette procédure, la colère publique alla croissant et ne craignit pas de se manifester. C'était une sorte de prolongation du parlement , vaincu et dispersé, mais luttant encore, devant les juges du pays , par l'organe de ses chefs. La fermeté des accusés entretenait l'ardeur du peuple ; il les voyait passer et repasser de la Tour à Westminster, et les accompagnait de ses acclamations et de ses vœux. L'anxiété visible des juges laissait même subsister quelque attente. Tout était perdu, disait-on ; et pourtant on conti-

(*) Les membres de la chambre des commuDes arrêtés et poursuivis étaient : Hollis , sir Miles Hobart, sir John Elliot, sir Peter Hayman, Selden, Cori ton, Long, StrodeetTalentipe. St€Ue^JridlSy i. III» coi. 235-335.

(2) En septembre 1629. Old Pari Hist., t. Vllî, p. 374,

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