‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 31 sur 113 · LIVRE DETTXIKMK · texte numérisé non relu

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solence*, et Charles, poussé à bout par l'explosion passionnée de son humeur^ se vit forcé un jour de renvoyer sur le continent quelqties uns des serviteurs qu'elle en avait amenés (*). Le plaisir de régner pouvait seul la consoler de ne plus vivre en France ; elle y compta dès qu'elle cessa de craindre le parlement. D'un esprit agréable et vif, elle acquit bientôt sur un jeune roi de mœurs très pures un ascendant qu'il accepta avec une sorte de reconnaissance , et comme touché qu'elle consentît à se trouver bien auprès de lui. Mais le bonheur de la vie domestique , cher à Tàme sérieuse de Charles^ ne pouvait suffire au caractère léger, remuant et sec d'Henriette*Marie ; il lui fallait uft empire avoué, arrogant^ l'honneur de tout savoir^ de tout régler, le pouvoir enfin, tel qu'une femme capricieuse le veut exercer. Autour d'elle se ralliaient d'une part les papistes, de l'autre les ambitieux frivoles, les intrigants , les jeunes courtisans qui étaient allés apprendre à Paris le secret de lui plaire. Les uns et les autres faisaient profession d'attendre d'elle seule, ceux-ci leur fortune, ceux-là le triomphe ou du moins la délivrance de

(*) En juillet 1626. Voyez les Éclaircissements et Pièces historiques joints aux Mémoires de Ludiow, t. I , p. 437, dans ma CoUection des Mémoires relatiff^ à VfliHoire de la Rérohition d'Angleterre.

la foi. C'était dans sa maison que les catholiques et les émissaires de Rome venaient traiter de leurs plus secrètes espérances: ses fevoris y étalaient les idées ;, les mœurs, les modes des cours du continent (*). Tout y était étranger et offensant pour les croyances et les habitudes du pays ; chaque jour s'y révélaient des projets et des prétentions qui ne pouvaient se satisfaire que par des mesures illégales ou des faveurs abusives. La reine s'associait à ces intrigues, en promettait le succès, l'exigeait du roi , voulait même que , pour l'honorer, disait-elle, aux yeux du peuple , il la consultât en toute occasion et ne fît rien sans son aveu. Si le roi se refusait à ses désirs, elle l'accusait avec emportement de ne savoir ni T aimer ni régner; et Charles alors ne songeait plus qu à dissiper sa tristesse ou sa colère , heureux de la trouver inquiète pour son pouvoir ou sur son amour.

Les plus serviles conseillers auraient eu quelque peine à subir sans résistance ce capricieux empire. Charles en avait deux qui ne manquaient ni de lumières, ni d'indépendance, et qui, dévoués à son pouvoir, voulaient cependant le servir autre-

(>) M^y, Hist, du Long-Pari, t t. I, p. 48, dans ma CoUectim.

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