‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 38 sur 113 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

jusque-là inconnues, altérait même la liturgie qu'avaient sanctionnée les parlements ; et tous ces changements avaient sinon pour but, du moins pour résultat, de rendre l'Église anglicane plus semblable à l'Église romaine. La liberté dont jouissaient les papistes , et les espérances qu'ils étalaient par imprudence ou par calcul, confirmaient le peuple dans ses plus sinistres appréhensions. On publiait des livres pour prouver que la doctrine des évéques anglais pouvait fort bien s'accommoder à celle de Rome; et ces livres, bien que non autorisés, étaient dédiés au roi ou à Laud, et tolérés ouvertement (*). Des théologiens amis de Laud , l'évêque Montagne , le docteur Cosens , professaient des maximes analogues , et les professaient sans danger, tandis que les prédicateurs aimés du peuple épuisaient en vain tantôt la complaisance, tantôt le courage, pour conserver quelque droit d'écrire et de parler. Aussi la croyance au triomphe prochain du papisme s'accréditait de jour en jour, et les gens de cour, qui voyaient de près, la partageaient avec la multitude. La fille du duc de Devonshire se fit catholique. Laud lui demanda quelles raisons l'avaient déterminée : c< Je » n'aime pas à marcher dans la foule, lui dit-elle ; je

(>) Whitelockc, MemoiiaîSy etc., p. 21.

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» vois que Votre Grâce et bien d'autres se hâtent vers » Rome : je veux y arriver seule et avant vous* » La splendeur et la domination exclusive de i'é^ piscopat ainsi fondées , il s'en flattait du moins^ Laud entreprit d'assurer son indépendance» On eût pu croire qu'en un tel dessein il trouverait le roi moins docile à ses conseils ; il n'en fut rien. Le droit divin des évéques devint, en peu de temps, la doctrine officielle, non seulement du haut clergé, mais du roi lui-même» Le docteur Hall, évèque d'Exeter, la développa dans un traité que Laud prit soin de revoir, et dont il retrancha toute phrase vague ou timide, toute apparence de doute ou de concession (*). Des livres ^ cette doctrine passa bientôt dans les faits» Les évèques tinl^ent leurs cours ecclésiastiques , non plus au nom et en vertu d'une délégation du roi , mais en leur propre nom ; le sceau épiscopal fut seul apposé à leurs actes $ ils exigèrent des administrateurs des fabriques un serment direct ; il fut déclaré que la surveillance des universités appartenait de droit au métropolitain (^). La suprématie du prince ne fut pas formellement abolie, mais on eût dit qu'elle ne restait que pour servir de voile aux usurpations

(«} Neal, hist. ofthe Purit., 1. 11, p. 29â. (2) Ibid.y p. 244-. — Whitelocke, p. 22.

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