‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 42 sur 113 · LIVRE DEUXIÈME. (i629-16/i · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. (i629-16/i

communénoent en Hollande . Mais bientôt le regret de la patrie venait lutter, dans leur cœur, avec le besoin de la liberté ; alors ils se concertaient par messages, avec les amis qu'ils avaient quittés , pour aller ensemMe chercher une patrie nouvelle dans des régions presque inconnues, mais qui du moins appartinssent à l'Angleterre, et où desÂnglais seuls fussent réunis. Les plus aisés vendaient leurs biens , ache* taient un petit navire, quelques provisions, des instruments de labourage, et, conduits par un ministre de leur foi , allaient rejoindre en Hollande leurs compagnons pour passer avec eux dans l'Amérique septentrionale , où commençaient quelques essais de colonies. H était rare que le vaisseau fût assez grand pour emmener tous les passagers. Tous se rendaient alors au bord de la mer, à l'endroit où il était ancré; et là , au pied des dunes , sur le sable, le ministre de la congrégation qui devait rester en arrière prêchait un sermon d'adieu; celui de la congrégation qui s'apprêtait à partir lui répondait par un autre sermon ; ils priaient longtemps en commun , s'embrassaient tous une dernière fois avant l'embarquement, et tandis que les uns faisaient voile , les autres retournaient tristement attendre encore, au milieu d'un peuple étranger, l'occasion et les moyens d'aller retrouver

ItO RÉVOLUTION D'ANGÎ.VTCRnE.

leurs frères (*)• Plusieurs expéditions de ce genre eurent lieu successivement et sans obstacle > à la faveur de Tobscurité des fugitifs. Mais tout à coup^ en 1637^ le roi s'aperçut qu'elles devenaient nom^ breuses et fréquentes j que des citoyens considé^ rabless'y engageaient^ qu'ils emportaientde grandes richesses : déjà ^ ditnon , une valeur de plus de douze millions était ainsi sortie du pays f ). Ce n'était plus sur quelques sectaires faibles et obscurs que pesait alors la tyrannie; leurs opinions s'étaient répandues^ leurs sentiments régnaient dans les classes même qui ne partageaient pas leurs' opinions. À des titres divers^ le gouvernement était si odieux, que des milliers d'hommes, divers aussi de rang , de fortune , de desseins y se détachaient do la patrie. Un ordre du conseil interdit ces émigrations (^). A ce moment , huit navires prêts à partir étaient à Tancre dans la Tamisé : sur Tun étaient déjà montés Pym , Haslerig y Hampden et Gromwell (*).

Ils avaient tort de fuir la tyran Aie> car te peupk commençait a la braver. Au mécontentement avait

("} Neal, Hist. oflhe Purit.y l. II, p. 110-H2. (*) IM., p. 1S6.

(3) Le 1" mal 1637. Rushworth, p. 2, t. I, p. 409» {*] Neal, Hist. of the PurU., t. Il, p. 287. — Walpole, Catalogue of royal and noble oMbon^ t. I, p. 206, Mît. in-iî. Londrè»^ 1733.

Page 1