LIVRE DEUXIËMR
religieuses^ commençaient k circuler des idées et des besoins d'égalité jusque-là inconnus. Dans une sphère plus élevée, quelques esprits rudes et fiers, détestant la cour, méprisant l'impuissance des anciennes lois, et se livrant avec passion à la liberté de leurs pensées, rêvaient, dans la solitude de leurs lectures ou le secret de leurs entretiens , des institutions plus simples et plus efScaces. D'autres, agités de prétentions moins pures, étrangers à toute foi , cyniques dans leurs mœurs , et jetés par leur humeur ou le hasard au nombre des mécontents , aspiraient à un bouleversement qui fit place à leur ambition, ou les affranchit du moins de tout frein. Le fanatisme et la licence , la sincérité et l'hypocrisie, le respect et le dédain des vieilles institutions, les besoins légaux et les désirs déréglés, tout concourait ainsi à fomenter la colère nationale; tout se ralliait contre un pouvoir dont la tyrannie échauffeit d'une même haine les hommes les plus divers , tandis que son imprudence et sa faiblesse laissaient aux plus petites actions et aux rêves les plus audacieux l'activité et l'espérance.
Quelque temps , ce progrès du courroux public fut ignoré du roi et de son conseil ; étranger à la nation, et ne rencontrant nulle résistance effective;
tl4 UÉVOU?TION D'ANGLETERRE.
le gouvernement 9 malgré ses embarras, était eon- Rant et superbe. Pour justifier sa cctfiduite, il parlait souvent y et avec emphase, du mauvais esprit qui se propageait ; mais sa peur momentanée n'éveillait point sa prudence , et en les craignant, il dédaignait ses ennemis. La nécessité même d'aggraver de jour en jour l'oppression ne l^éclairait point , et il s'applaudissait d'autant plus de sa force que le péril croissant l'obligeait à plus de rigueurs.
Cependant, en 1636, T Angleterre fut inondée de pamphlets contre la faveur accordée aux pa-^ pistes, les désordres dès gens de cour, surtout contre la tyrannie de Laud et des évéques. Déjà plus d'une fois la cl^mbre étoilée avait sévèrement puni do telles publications ; mais jamais elles n'avaient été si nombreuses ^ si violentes , ni ré* ' pandues et accueillies avec tant d'ardeur. CeUes-» ci furent semées dans les rues des villes^ «u fond des campagnes ; do hardis contrehaEdiers e$i ap^ portaient de Hollande, et avec grand profit, des milliers d'exemplaires; on les commentait dans les églises que Laud n'avait pu réussir à purger oonn plétement de prédicateurs puritains. Indigné de l'inutilité de ses rigueurs , le conseil résolut de déployer des rigueurs nouvelle^n. Un jurisconsulte,