‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 45 sur 113 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

un théologien et un médecin^ Prynne y Burton et Bastwick, furent traduits en même temps devant la chambre étoilée. On voulait d'abord les pour-suivre en haute trahison y ce qui eût entraîné la peine capitale ; mais les juges déclarèrent qu'il n'y avait pas moyen d'étendre à ce point le sens de la hÀ m celui de leurs écrits^ et il fallut se contenter d'nne accusation en trahison simple ou félonie {*). L'iniquité de la procédure égala la barbarie du jugement. Les accusés furent sommés de fournir sans retard leur défense , sinon on tiendrait les faits pour avoués. Ils répondirent qu'ils ne pouvaient l'écrire, car on leur avait refusé du papier, de Fencre et des plumes. On leur en donna en leur enjoignant de faire signer leur défense par un conseil ; et pendant plusieurs jours l'entrée de la prison fut interdite au conseil qu'ils avaient choisi. Introduit enfin auprès d'eux , l'avocat re-^ fusa de signer leur défense, craignant de se compromettre auprès de la cour, et nul autre ne vou* lut s'en charger. Ils demandèrent qu'il leur fût permis de présenter leur défense signée d'euxmêmes. La cour rejeta leur requête, répétant que, si un avocat ne signait, elle tiendrait les faits pour avoués. « Milords, dit Prynne , vous nous deman-

{}] Rushworth, part. 2, t. I, p. 324.

» dez l'impossible . » La cour se contenta de renouveler sa déclaration. Le débat s'ouvrit par une insulle grossière. Quatre ans auparavant, pour un autre pamphlet , Prynne avait eu les oreilles coupées : « Je croyais, dit lord Finch en le regardant, » que M. Prynne n'avait plus d'oreilles; il me » semble qu'il lui en reste encore. » Et pour complaire à la curiosité des juges, un huissier s'approcha du prévenu , écarta ses cheveux , et mit à découvert ses oreilles mutilées. « Milords , dit » Prynne, que vos seigneuries ne s'offensent point ; » je ne demande à Dieu que de vous donner des » oreilles pour m'écouter (*). »

Ils furent ccHidamnés au pilori, à perdre les oreilles, à 5,000 livres st. d'amende , et à un emprisonnement perpétuel. Le jour de l'exécution (*), une foule immense se pressait sur la place ; le bourreau voulut l'écarter : « Ne les repoussez pas, » dit Burton, il faut qu'ils apprennent à souffrir.» Et le bourreau troublé n'insista point (^). « Mon » cher monsieur, dit à Burton une femme, ceci est » le meilleur sermon que vous ayez jamais prêché.» — « Je l'espère, répondit-il , et Dieu veuille qu'il

(1) State-Triàls, t. III, col. 711-717.

(2) Le 30 juin 1637.

(3) State-Trials^ t. III, col. 751.

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