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également le pouvoir absolu comme le droit divin des évoques et du roi. En 1636, l'œuvre semblait près de son terme : Tépiscopat avait recouvré sa juridiction ; Tarchevêque de Saint- André (*) était chancelier du royaume , l'évoque de Ross f ) sur le point de devenir grand trésorier; sur quaitôrze prélats 7 neuf siégeaient dans le conseil privé , et y possédaient la prépondérance (^). Charles et Laud jugèrent qu'il était temps de tout consommer en imposant tout d'un coup à cette Église , sans consulter ni le clergé ni le peuple , un code canonique et un culte en accord avec son nouvel état.
Mais la réforme n'avait point en Ecosse, comme en Angleterre, pris naissance dans la volonté du prince et la servilité de la cour. Populaire dans son berceau, elle s'était, par sa propre force et en dépit de tous les obstacles , élevée jusqu'au trône au lieu d'en descendre. Aucune différence de système, de situation ni d'intérêts, n'avait, dès l'origine, divisé ses partisans ; et dans le cours d'une longue lutte, ils s'étaient accoutumés tantôt àbra-
{}) Spottiswood.
(2) Maxwell.
(3) Clarendon , Htst. of the rebelL, t. I , p. 148-150. — Malcolm Laing, Hist, of Scotland, t. UI, p. 122.
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ver, tantôt à manier le pouvoir. Les prédicateurs écossais pouvaient se vanter d'avoir soulevé la na^ tion j soutenu la guerre civile j détrôné une reine y et dominé leur roi jusqu'au jour où , en montant sur un trône étranger, il avait, échappé à leur empire. Forts de cette unité et du souvenir de tant de victoires I ils mêlaient hardiment, dans leurs sermons comme dans leurs pensées , la politique à la religion, les affoires du pays aux controverses de la foi , et, du haut de la chaire , censnraient , en les nommant , la conduite des ministres de la couronne, aussi bien que les moBAirs de leurs parois^ siens. Le peuple avait contracté à leur école la même audace d'esjNrit et de langage ; ne devant le triomphe de la réforme qu'à lui-même ^ il la chérissait, non seulement comme sa croyance, mais comme l'œuvre de ses mains. Il binait pour maxime fondamentale l'indépendance spirituelle de son Église, non la suprématie; religieuse du monarque , et sa croyait en état onHune en droit de défendre , contre le papisme , la royauté et l'épi^ scopat , ce que aeul il avait fondé coattet eux. La prépondérance que valut à ses rois leur élévation au trône d'Angleterre abattit quelque ten^ son courage ; de là les succès de Jacques contre ces doctrines et ces institutions presbytériennes que ,
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simple roi d'Ëcos&e y il avait été forcé de aobir. Les rois se laissent aisément trompera l'apparente servilité des nations. L'Ecosse intimidée parut à Charles vaincue. A la faveur de sa suprématie et de l'épiseopat^ il C(Hnprimait en Angleterre la réforme populaire y toujours combattue avec succès par ses prédécesseurs ; il crut pouvoir la détruire en Ecosse où elle avait régné , où elle était seulelégalement constituée ^ où la suprématie du trône n'était reconnue que de l'épiscopat à peine relevé et dénué lui-même de tout autre appui.
• La tentative eut une issue qui a fait souvent^ en semblable occasion , Vétonnement et la douleur des serviteurs du despotisme ; elle échoua en touchant au succès*
Rétablissement de l'épiscopat^ abolition des an-» eiennes lois y suspension ou corruption des assemblées politiques 0» religieuses^ tout ce qui se pou^ vait accomplir loin des regards du peuple avait réussi. Dès qu'il fallut y pour consommer l'œuvf e, altérer enfin le culte public, le jour même où, pour la première fois , la nouvelle liturgie fut mise en vigueur dans la cathédrale d'Edimbourg , tout fut renversé. En quelques semaines , un soulèvement subit et universel amena à Edimbourg (*), de toutes
(<) Le 18 octobre 1637. Rushworth, part. 2, 1. 1, p. 404 etsuiv.
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les parties du royaume ^ une multitude immense, propriétaires fermiers, bourgeois, artisans, paysans, qui venaient réclamer contre les innovations dont on menaçait leur culte , et soutenir, par leur présence, leurs réclamations. Ils encombraient les maisons , les rues , campaient aux portes et sous les murs de la ville , assiégeaient la salle du conseil privé, qui demandait vainement secours au conseil municipal assiégé lui-même , insultaient les évoques à leur passage, dressaient enfin contre eux, sur la place publique, une accusation de tyrannie et d'idolâtrie que venaient signer des ecclésiastiques , des gentilshommes , et même quelques grands seigneurs (*). Le roi, sans répondre aux plaintes , fit enjoindre aux pétitionnaires de se retirer ; ils obéirent , moins par soumission que par nécessité, et revinrent un mois après (^), plus nombreux encore. Cette fois aucun désordre n'eut lieu; la passion fut grave et silencieuse; les classes supérieures s'étaient engagées dans la querelle; en quinze jours une organisation régulière de la résistance fut proposée, adoptée, mise en vigueur; un conseil supérieur, élu dans les divers ordres
(>) Neal, Hist. ofthePurit., t. Il, p. 274. — Malcolm Lam,Hist. ofScotland, t. III, p. 136-138.
(2) Le 15 novembre 1637.