LIVRE DEUXIÈME. (162^i6à
de citoyens, fut chargé de poursuivre Fentreprise commune; dans chaque comté, dans chaque ville, des conseils hiérarchiquement subordonnés exécutaient ses instructions. L'insurrection avait disparu, prête à renaître à la voix du gouvernement qu'elle s'était donné.
Charles répondit enfin (*), mais pour confirmer la liturgie et défendre aux pétitionnaires de s'assem* hier y sous peine de trahison. Le conseil d'Ecosse avait ordre de tenir secrète la proclamation royale jusqu'au moment de sa publication. Elle n'était pas encore arrivée que les chefs des insurgés en savaient déjà le contenu. Tls convoquèrent aussitôt le peuple, à l'appui de ses représentants. Le conseil, pour les prévenir, fit publier sans délai la proclamation (^). Au moment même, et sur les pas des hérauts du roi, deux pairs du royaume, lord Hume et lord Lindsay, fireat publier et afficher, au nom de leurs concitoyens, une protestation qu'ils avaient signée. D'autres s'acquittèrent du même office partout où fut lue et affichée la proclamation du roi. De jour en jour plus émus, plus menacés et plus unis, les insurgés résolurent enfin de se lier par un pacte solennel, pareil à ceux que,
(*) Le 7 décembre 4637; RiBhwortli, part. 2,'t. I, p. 409. (2j Le 19 février 1638.
130 RÉVOLUTIOf^ t)ASGLETEftRE.
depuis rériginè de la rétoîtne, l'Ecosse avait adoptés plusieurs fois pottr déclarer et soutenir hautement ses droits^ ses croyances et ses vœux. Alexandre Henderson , le plus infltlenf des ecclésiastiques, et Archibald Johnston^ depuis lôrd Waristoun, avocat célèbre, rédigèrent ce pacte sous le nom populaire de covendnt; il filt revu ei approuYé par les lords BalmerifiO, Lowden et Rothes (*}. Il contenait , outre une minutieuse et déjà ancienne profession de foi , le rejet formel des nouveaux canons ^ de la nouvelle liturgie , et un serment d union nationale pour défendre, contre tout jpéril^ Je souverain, la religion, les lois et les libertés du pays. A {feine proposé , le covenant fut acôueilli avec des transports unanimes. Des messagers qui se relevaient de village en village le portèrent, avec une rapidité inouïe, jusque dans les lieux les plus reculés du royaume^ commela croix de feu était portée à travers les montagnes pour appeler à la guerre tous les vassaux du même seigneur (*) Gentilshommes,
(0 1*^' mars 4638. . .
P) Lorsqu'un chef voulait convoquer son clan dans quelque circon^ stancflt subite et importante, il taait nneoîe, &i$ait une croit de quelque bois léger, en allumait les quatre bouts elles éteignait dans le sang de ranimai. Cette croix s*appelait.la croix de feu on croix de honte, parce que celui qui refusait d'obéir à ce signal était noté dMiifamie. La