LIVRE DEUXIÈME
clergé, bourgeois, laboureurs, femttifeSj ënfonts, tous se rassetttblaietit an foule, sûr les Jjlaces et dans les temples , pour juter fidélité au cotënant. Les montagnards eux-mêmes , entraîtiés par Télan national^ oublièrent un moment, pour s'y joindre, leur loyauté passionnée et leiirs farouches animosites. En moins dé six semaines , TÉcossé entière' fût confédérée sous la^ loi dti covehant. Les employés du gouvernement , quelques milliers de catholîcjues et la ville d'Aberdeeù réfusèrent seuls de s'y rallier.
Tant d'audace étonna Charles : on lui avrtit parlé d'émèules insensées d'titie vile populace; le conseil municipal d'Edimbourg ^'était même empressé de solliciter humblement sa clémence, ptômieitant
croii était remise entre les mains d'un messager agile et fidèle qui , courant afvec rapidité au hameau le pkis voisiif, la [Tréseotait au premier de Tendroit, sans proférer une autre parole que le lieu du rendez-vous. Celui-ci devait renvoyer avec une égale promptitude au plus prochain village ; elle parcourait ainsi , avec la plus incroyable Célérité, tout le district dépendant d'un même chef , et passait à ses alliés et voisins si le danger leur était commun. Â la vue de la croix de feu, tout homme de T&ge de seize à soixante ans , et en état de porter les armes , était obligé de prendre ses meilleures armes et ses meilleurs vêtements , et de se trouver au lieu du Rendez-vous. Celui qui y manquait était exposé à voir ses terres mises à feu et à sang , péril dont la croix de feu était Temblème. Dans la guerre civile de 1745, la croix de feu circula souvent en Ecosse; une fois entre autres, elle parcourut en trois heures tout le district de BreaddTbane , espace d^environ dix lieues. Cette pratique était usitée chez presque tons les peuples Scandinaves.
i3% RÉVOLUTION D'ANGLETERRE.
le prompt châtiment des fectieux ; et ses courtisans écossais se vantaient chaque jour d'apprendre^ par leurs correspondances, que tout était tranquille ou près de se calmer (^). Indigné de Timpuissance de sa volonté , il résolut de recourir à la force; mais rien n'était prêt; il fallait gagner du temps. Le marquis de Hamilton fut envoyé en Ecosse ; avec ordre de flatter les rebelles de quelque espérance , mais sans engager le roi ni rien finir. Vingt mille covenantaires^ assemblés à Edimbourg pour un jeûne solennel, allèrent ai^devant de Hamilton (^) ; sept cents ecclésiastiques , revêtus de leurs habits , étaient debout sur une éminence à côté de la route , chantant un psaume au moment de son passage (^). Le parti voulait donner au marquis une haute idée de sa force; et Hamilton, autant pour soigner son crédit dans sa nation que pour obéir aux instructions de son maître, était enclin à le ménager* Mais les concessions qu'il apportait furent jugées insuffisantes et trompeuses ; un covenant royal , qu'il tenta d'opposer au covenant populaire, fut repoussé avec dérision. Après d'inutiles pourparlers et plusieurs
(») aarendon, Bist. ofthérehell, 1. 1, p. 192.
(2) En juin 1638.
(5) May, Hist, du Long-Pad.f t. î, p. 85-86, dans xûtk Collation*