‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 51 sur 113 · LIVRE DEUXIÈME. (1629*16/^0.) id · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. (1629*16/^0.) id

méme^ Charles se flattait que là vieille haine et le mépris dea Anglais pour l'Éoosse laisseraient les plaintes des covenantaires sans e^t siir les esprits. Mais les croyances qui unissent les peuples effa^ cent bientôt le^ limites qui les séparent. Dans la cause de^ Ëcossaisr, les mécontents d'Angleterre reconnurent san^ peine la leur. Des correspon-* dances secjètes s'établirent rapidement entre les deux royaumest Les déclarations des insurgés fiirent partout répandues ; leurs griefe, leurs démarches, leurs espérances devinrent le sujet des entretiens populaires ; en peu de temps ils acquirent des amis et des agents à Londres y dans tous les comtés, dans l'armée, même à la cour. Dès qu'on crut à leur ferme résolution de résister, et que l'opinion de VAngleterre parut leur prêter son appui , il ne maluqua pas de courtisans écossais, anglais môme, qui, pour nuire à quelque rival, pQur se venger de quelque refus , pour ménager toutes les chances , se hâtèrent de leur rendre sous maia de bons offices ^ tajitôt leur faisant passer un avis, tantôt exagérant leur nombre, vantant leur discipline, et s'inquiélant pour le rd des embarras ou de$ dangers qu'un peu de complaisance préviendrait aisément. L'armée royale qui s'avançait vers l'Ecosse rencontrait sur sa roule mille

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bruits semés pour Fintimider ou la ralentir ; on conseillait au général, le comte d'Essex, de prendre garde, d'attendre des renforts ; les ennemis, disait^on, lui étaient fort supérieurs ; on les avait vus en tel lieu, près do la frontière; ils occupaient toutes les places ; Berwick même serait en leurs mains avant qu'il y pût arriver. Le comte, officier exact et fidèle , bien que peu favorable aux des-

seins de la cour, continua sa marche, entra à Berwick sans obstacle , et reconnut bientôt que les troupes des insurgés n'étaient ni si nombreuses ni si bien préparées. Mais ces rapports, aussi avidement accueillis que soigneusement répandus, n'en troublaient pas moins tous les esprits (*). Le trouble s'accrut encore quand le roi fut arrivé à York (*j. Il s'y rendit avec une pompe extraordinaire, tou^ jours infatué de l'irrésistible ascendant delà majesté royale , et se flattant qu'il suffirait de la déployer pour faire rentrer les rebelles dans le devoir. Comme pour balancer cet appel d'un peuple à un peuple que l'Ecosse avait feit à l'Angleterre, il fit de son côté un appel à la noblesse de son royaume, la sommant, selon les coutumes féodales , de venir lui rendre , en cette occasion,

(') Clarendon, Hist. ofthe reheU., 1. 1, p. 107. (') En avril! 639.

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