UVRE DEUXIÈME
le service qu'elle lui devait. Les lords et une foule de gentilshommes accoururent à York comme à une féle« La ville et le camp offraient l'aspect d une cour et d'un tournoi , nullement d'une armée et de la guerre. La vanité de Charles était charmée de tant d'appareil ; mais l'intrigue, le désordre et rindiscipline régnaient autour do lui (*). Les Écossais de la frontière communiquaient familièrement avec ses soldats. Il voulut exiger des grands seigneurs le serment de n'entretenir, sous aucun prétexte, aucune relation avec les rebelles ; lord Brook et lord Say s'y refusèrent , et Charles n'osa rien de plus que leur donner Tordre de s^éloigner. Lord Holland entra sur le territoire écossais ; mais à l'aspect d'un corps de troupes que Lesley avait disposé avec art, et que le comte, sans y bien regarder, jugea plus nombreux que le sien^ il se retira précipitamment (^). Généraux et soldats, tous hésitaient à engager une guerre décriée. Les Écossais, bien informés, mirent à profit cette disposition. Ils écrivirent aux chefs de Tarmée, à lordEssex, lord Ârundel, lord Holland, modestes et flatteurs dans leur langage , témoignant dans les sentiments des lords comme du peuple an-
(1) Clarendon , Hist. of the rebelLy 1. 1 , p. 199 et suiv,
(2) Rushvorth, part. 2, t. II, p. 935.
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glajs UDQ entière confiance^ et les priant d'intervenir pour que le roi leur fit justice et leur rendit sa foveur (^), Bientôt , 3Ùrs d'être appuyés, ils s'adressèrent ^u roi lui-m^e, avec un humble respect, quoique sans rien abandonner d^ leurs prétentions (^)» Charles était embarrassé, sans ardeur lui-môme , aussi prompt à se lasser des obstacles que peu attentif à les prévoir. Des conférences s ouvrirent (^). Le roi s'y montra hautain j mais pressé de finir ; les Écossais opiniâtres, mais sans insolence. L'orgueil de Charles se contenta de l'humilité de leurs discours; et le 18 juin 1639, de l'avis de Laud lui-même, troublé, dit-on , à l'approche du danger, fut conclue à Berwick une pacification qui ordonna le licenciement des deux armées et la prochaine convocation d'un synode et d'un parlement écossais, mais sans qu'un traité clair ^t précis eût mis un terme aux di^rends qui avaient suscité la guerre.
Elle n'était qu'ajournée , et les deux partis le pressentaient également. Les Écossais, en congédiant leurs troupes ^ conservèrent aux officiers une part de leur solde , et leur enjoignirent de se
(1) Clarendon, Hizt. oftherebeU., t. I, p. 205 etsuiv.
(2) Rushworlh, part. 2, t. II, p. 938.
(3) Le 11 juin 1639 ; Rushworth , ibid., p. m).