LIVRE DEUXir^^Ë. (i^29*i6Ae
tenir toujours prêts (*). De son côté , Charles eut à peine lipencijé son armép qu'il s'occupa sou^ i^in d'en lever une autre. Un mois après la pacification; il m^nda Strafford à Londres pou;^ {e.cpnsulter, disait-il , sur quelques plans militaires ^ et il ajoutait : « J'^i bien d'autres raisons , et beaucoup >a trop, pour 4ésirer de you§ avoir quelque temps <> auprès de moi ; je ne puis vous dire par lettre » que ceci : le covenant écossais se répand trèsy? loin, beaucoup trop loin (*).» Str^ffprd accourut. C'était depuis longtemps son plus vif désir d'être employé auprès de son maître, seul poste où son ambition pût espérer assez de pouvoir et de gloire. 11 arriva , résolu de déployer contre les a4Yersaires} de la couronne toute son énergie, pîjrlant (les Écossais avec un profond uiépris , assurant que* I3 faiblesse seule avait tout fait manquer, et pourtant si confiant dans la fermeté du roi qu'il s'en promettait un inébr^anlable appui. Il trouva |g cour agitée d'obscures intrigues : le comte d'Essex, traité s^vec froideur malgré §a bonne conduite dans la campagne, s'était retiré mécontent; les officiers s'accusaient réciproquement d'inhabileté ou de mollesse ; les favoris de la reine s'empressaient à
(ï) Wbitelocke , p. 29.
(2; Strafford'sUtterSf t. II, p. 281, 372.
profiter de Tembarras général pour pousser leur fortune et perdre leurs rivaux ; le roi était triste et abattu {*). Strafford se sentit bientôt mal à Taise et hors d'état de foire adopter tout ce qu'il jugeait nécessaire , de foire accomplir ce qu'il avait feit adopter. Les menées des courtisans se tournèrent contre lui. Il ne put empêcher qu'un de ses ennemis personnels, sir Henri Vane, ne fût, par le crédit de la reine , élevé au rang de secrétaire d'Etat (*). Le public qui l'avait vu arriver avec aiaiété, incertain de l'usage qu'il ferait de son influence , tarda peu à savoir qu'il provoquait les mesures les plus rigoureuses , et le poursuivit de ses malédictions (^). Cependant la nécessité pressait. Un débat s'était élevé entre le roi et les Écossais sur la teneur du traité de Berwick , où presque rien n'avait été réglé par écrit, et Charles fit brûler^ par la main dû bourreau, un papier qui , au dire des covenanlaires , en exprimait les vraies conditions ; mais il n'eut garde de rien publier lui-même pour démentir ses ennemis , car, en négociant, il avait laissé espérer ce qu'il ne
(1) Clarendon , Hist. ofthe rehell., 1. 1, p. 2U et suiv.
(2j /6id.,p.-216.
(3) May, ïlist. du Long-Pari., 1. 1, p. 105, dans ma Collection.