‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 54 sur 113 · LIVRE DEUXIÈME. (1629-16A0*) lAl · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. (1629-16A0*) lAl

voulait point accomplir (^). Irrités de ce manque de foi et exhortés par leurs amis d'Angleterre à redoubler de méfiance , le synode et le parlement d'Ecosse , loin de rien céder de leurs prétentions, en formaient de nouvelles , et encore plus hardies. Le parlement demandait que le roi fût tenu de le convoquer tous les trois ans , que l'indépendance des élections et des débats fût assurée^ que la liberté politique, fermement garantie, pût veiller au maintien de la foi (^). Les mots d^attentat à la prérogative j de souveraineté envahie y etc., retentirent plus vivement que jamais à la cour et dans le conseil : « 11 faut , dit Strafford, faire ren- » trer, à coups de fouet, ces gens-là dans leur bon » sens f).» La guerre fut résolue. Mais comment la soutenir ? Quels motifs nouveaux et plausibles en donner à la nation ? Le trésor public était vide, l'épargne royale épuisée , et l'opinion déjà assez puissante pour qu'on crût devoir, sinon Técouter, du moins lui parler* Le prétexte qu'on cherchait se présenta. Dejpuis l'origine des troubles, le cardinal de Richelieu, mécontent de la cour à'kn-

(») May, Hist. du Long-Pari,, 1. 1, p. 104, dans ma Collection. — Clarendon , Hist. of the reteM., 1. 1, p. 214. — Rushworlh , part. 2, t. II, p. 965. — Whitelocke, p. 30.

p) Rushworlh , part. 2, t. II, p. 992-101 S.

(*) Strafford's Letlers, t. II, p. 138, 158.

m RÊVOLtJTrON b'ANGLETÉKRE.

gleterré oit prévalait Finfluence espagnole , était en relation arec les Éiîossais ; il entretenait auprès d'eux tm agent, lëul* avait fait {)asser dé Tai'gëht, des âtmeé , et promettre au besoin de plus grands secotirs. Une lettre des principaux chefs cotenaMaires fut surprise, portant pour suscriptiôn Au roi , et êtîdemment adressée au roi de Financé, dont ils sollicitaient l'appui f). Charles et son conseil iie doutèrent pas que cet appel à nn prince étranger, haute trahison selon la loi, ne saisît toute l'Angleterre d'une indignation égale à Id leur r c'était assez , pensaient-ils , pour conraîncre toits les esprits dé h. légitinlité dé la guerre. Dans cette confiance, qui servait de voile in dut joug de \û nécessité, la convocation d'un parlement fut décidée ; et en attendant qu'il se réunît , Strafford repassa eri Irlande (*j ponr obtenir aussi, des chambres de ce royaume, des subsides et des soldats.

A la nouvelle qu'un parlement était convoqué^

(1) Clarendon , Hist. of the rebell.^ t. I, p. 217. — Whitelocke , p. 31 . -^ Voyei surtout les pièces pàbifées à ce?su|etpar M. MaTure , à la suite de son Histoire de larévoliUion de 1688, t. III, p. 402, note 4. Elles ptouVeût êvîdièibment, contre roprnîoti de Hume, de MM. Laing, Brodiè", etc., que lé lettre des cKefs éfcosâais fut efifectivément envoyée au roi de France et lui parvint , quoique Charles réussît à en intercepter une copie.

(2) Le 16 mars 1640.

rAïigléterre fut étonnée: elle aVàît cessé d'fesjîérer une réforme légale, et c'était pourtslnt h seule à lacjuellé elle eût songé. Quel que fût sott mé- (îontentèiiientj tout dessein tiolent était étranger à la nation. Lés sectaires, en certains lieux là multitude, ^t quelques hortitiiès déjà corinpromîs connne chefs des fiartis naissants, iiourrissaieilt seuls des passions pltt^ sombres otl des pensées plus étendues. Le public les avait approuvés et soutenus daiis leur résistance", itiais sans s'as^socier à d'autres projets, sans même leur en supposer. De longs revers avaient mis beaucoup de bons 'Citoyens en doute, silionsur la légitimité, du moins Sur la corivehance de ràrdeûr et de Tobstînation des derniers partements. On rappelait sans blâme , mais avec regret , k rudesse de leur lan-^ gage et le désordre des scènes qui les avaient agités : on se promettait plus de prtkience* Sous l'influence de cette disposition , les élections fbrmèrent une chambre des communes contraire â la cour, décidée à redresser les griefs publics, et où prirent place tous les hommes que leur opposition avait rendus populaires, mais ooropT)Sée en majorité de citoyens paisibles, libres de tout engagement de parti , se méfiant des passions , des combinaisons secrètes, des résolutions précipitées, et se flattant

ikk RÉVOLUTION DANGLËTERRE.

qu'ils réformeraient les abus sans aliéner le roi, sans hasarder le repos du pays.

Après un assez long délai qui donna quelque humeur^ le parlement s'assembla (*). Charles lai fit lire la lettre des Écossais au roi de France , s'étendit sur leur trahison, annonça la guerre, et demanda des subsides. La chambre des communes tint peu de compte de la lettre , et parut n'y voir qu'un incident sans importance auprès des grands intérêts qu'elle avait à traiter (*), Le roi s'en offensa ) trouvant la chambre bien froide à ressentir ses affronts. De son côté la chambre se plaignit de quelque manque d'égards et d'étiquette, le. jour où son orateur fut présenté au roi (^). La cour, après onze ans passés sans parlement , avait peine à se défaire de sa dédaigneuse légèreté ; et la chambre y malgré ses intentions pacifiques , avait justement repris , en rentrant à Westminster, la fierté d'un pouvoir public, onze ans méconnu et rappelé par nécessité. Bientôt le débat devint plus sérieux. Le roi voulait que la chambre votât les subsides avant de s'occuper de l'examen des griefs, promettant de la laiss^er siéger ensuite et d'écou*

(») Le 13 avril 1640.

(») Pari. Hist., t. Il, col. 534, 542.

(3) /Wd., col. 535, 542.

Page 1