LIVRE DEUXIÈME. (1629-16/iO.) U
d'Irlande (*), atteint d'une violente attaque de goutte, menacé d une pleurésie, hors d'état de se mouvoir (*). Mais il avait obtenu du parlement irlandais tout ce qu'il avait demandé , subsides , soldats, offres, promesses; et dès qu'il put quitter son lit, il se remit à l'œuvre avec sa vigueur et son dévouement accoutumés. En moins de trois semaines, des contributions volontaires, provoquées par son exemple , versèrent à l'échiquier près de 300,000 livres sterling; les papistes en fournirent la plus grande part (^). On y joignit toutes les vexations en usage, les emprunts forcés, la taxe des vaisseaux, les monopoles; on ouvrit même l'avis de faire fabriquer des monnaies de bas aloi (*). Aux yeux du roi et de ses serviteurs, la nécessité excusait tout : mais la nécessité n'est jamais la borne de la tyrannie. Charles reprit , contre les membres du parlement , ses inutiles habitudes de persécution et de vengeance : sir Henri Bellasis et sir John Hotham furent emprisonnés pour leurs discours ; on fouilla la maison et les papiers de lord Brook; M. Crew fut mis à la Tour pour
(1) Le 4 avril 1640.
(2) Strafford'8 Letters, t. U, p. 403.
(3) Neal , HisL ofthe PurU., t. II, p. 296.
(*) May, Hist. du Long-Pari., 1. 1 , p. 124 , dans ma Collection. — . Whitelocke, p. 31.
150 RÉVOLUTION D'ANGLCTERRE.
n'avoir pas voulu livrer les pétitions qu'il avait reçues , durant la session , comme président du co« mité chargé de les examiner {*). On exigea de tous les ecclésiastiques le serment de ne jamais consentir à aucune altération du gouvernement de TÉglise; et ce serment se terminait par un ei cœtera qui fit sourire avec méfiance et courroux (*). Jamais le langage n'avait été plus arrogant ni plus dur : quelques gentilshommes du comté d'York s*étaient refusés à une réquisition arbitraire; le conseil voulait les poursuivre : « La seule pour- » suite à exercer, dit Strafford , c'est de les feire » venir et de les mettre aux fers (^). » Il connaissait mieux que nul autre retendue du mal ; mais la passion étouffait en lui toute prudence comme toute crainte : on eût dît qu'il s^efforçait de communiquer au roi, au conseil, à la cour, cette fièvre qui aveugle Fhomme sur ses forces et sur ses dangers. Il retomba malade et toucha aux portes de la mort; mais son impuissance ne fit
(ij P(f>rl. Bist,^ t. U, col. 584. -^ Riwhworth, part. 2, t. Il, p. 1196.
{^) Voici le texte de ce paragraphe : « Je jure... de ne jamais coa- » sentir à aucune altération du gouvernement de cette ÉgKae , tel » qu'il est maintenant réglé par des archevêques, évéques, doyens, » archidiacres, etc. » (Neal, Hist. of the FwrU,^ t. Il, p. 302. — Rushworth, part. 2, t. II, p. 1186.)
(3) Strafford's LetterSy t. Il, p. 409.