‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 57 sur 113 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

qu'accroître Tâpreté de ses atis; et à peine en état de se soutenir, il partit avec le roi pour Farinée déjà réunie sur la frontière d^Écosse , et qu'il devait commander.

Il apprit en route que les Écossais, prenant l'offensive, étaient entrés en Angleterre ('), et en arrivant à York, qu'ils avaient battu à Newburne (*) , presque sans résistance, le premier corps anglais qui s'était trouvé sur leur chemin L'un et l'autre évàfiement n'étaient pas l'œuvre des Écossais seuls. Durant la pacification, leurs commissaires à Londres avaient contracté avec les chefs des mécontents une étroite alliance ; et ceux-ci les avaient exhortés , si la guerre recommençait , à envahir soudain l'Angleterre, leur promettant l'appui d'un parti nombreuji. Un messager fut même expédié en Ecosse, portant dans une canne creuse un engagement au bas duquel, pour inspirer aux Écossais plus de confiance , lord Savillé, seul meneur avéré du complot, avait contrefait la signature de six des plus grands seigneurs anglais. Une haine passionnée contre Strafford avait seule poussé lord Saville , homme méprisé , dans cette audacieuse Mtttrigue ; mais tout porte à croire que des

(1) Le 21 août 1640.

(2) Le 28 août 1640.

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patriotes plus influents et plus sincères y avaient également pris part (^). Ds ne se trompaient point sur les dispositions du peuple. Le parlement à peine dissous, l'aversion de la guerre contre TÊcosse avait éclaté. Â Londres j des placards excitèrent les apprentis à se soulever et à mettre en pièces Laud j auteur de tant de maux. Une bande furieuse assaillit son palais , et il fut contraint de se réfugier à Whitehall. L'église de Saint-Paûl, où siégeait la cour de haute commission, fut forcée par une autre bande criant : Point d'évèques, point de haute commission {*) ! Dans les comtés, la violence seule put réussir à recruter. Pour y échapper plusieurs se mutilèrent , quelques uns se pendirent (^) : ceux qui obéissaient sans résister élaîent insultés dans les rues, et traités de lâches dans leurs familles, par leurs amis. Rendus à leur corps, ils y portaient , ils y trouvaient les mêmes sentiments. Plusieurs officiers, soupçonnés de papisme , furent tués par leurs soldats (*). Quand l'armée se trouva en face des Écossais , l'indisci-

(ï) Burnet, Bist de mon temps, t. I, p. 51-57, dans ma CoUectim. — Whîtelocke, ^cwiortais,etc.,p. 31. — Hardwkke'sfMpen^ l.IÏ, p. 187.

(2) Clarendon, HUt. of the rehell., t. I, p. 246. — Whitelocke, p. 33.

(3) Strafford's Lelters, t. II, p. 351.

(<) Rushworth, part. 2, t. II, p. 1191-1195.

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