‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 58 sur 113 · LIVRE DEUXIÈME. (1629-16/i0.) i · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. (1629-16/i0.) i

pline et les murmures redoublèrent ; elle voyait le coA^enant flotter écrit sur leurs drapeaux ; elle entendait le tambour appeler les troupes au sermon et leur camp retentir, aja lever du soleil , du chant des psaumes et des prières. A ce spectacle, aux récits qui leur parvenaient de la pieuse ardeur et des dispositions amicales de TÉcosse pour le peuple anglais, les soldats s'attendrissaient et s'indignaient tour à tour, maudissant cette guerre impie, et déjà vaincus^, car ils croyaient combattre leurs frères et leur Dieu {*). Arrivés au bord de la Tyne, les Écossais, sans démonstration hos* tile, demandèrent la permission de passer. Une sentinelle anglaise fit feu ; quelques coups de canon lui répondirent ; à peine une action fut engagée ; l'armée se dispersa, et Strafford n'en prit le commandement que pour se replier jusqu'à York, laissant les Écossais occuper sans obstacle le pays et les places situées entre cette ville et la frontière des deux royaumes (^) .

Dès ce moment, Strafford lui-même fut vaincu. En vain il essaya, tantôt par caresses, tantôt par menaces , d'inspirer aux troupes d'autres senties) HeyTin, LifeofLaudy^. 454.

(2) Clarendon, Hist. oftherébelL, 1. 1, p. 248-250. —Rasbwortb, {Mrt. 2, t. U, p. i236.

ibà RÉVOLUTION D'ANGLETERRE.

ments ; ses avances aux officiers étaient contraintes et dissimulaient mal son mépris ou sa colère ; ses rigueurs irritaient les soldats sans les effirayer. ^ntôt arrivèrent de^ plusieurs comtés des pétitions pour supplier le roi de foire la paix. Les lord» Wharton et Howard se hasardèrent à en présenter une ; Strafford les fit arrêter, convoqua un conseil de guerre, et demanda qu'ils fussent fusillés en tête de l'armée comme feuteurs de la révolte* Le conseil gardait le silence: Hamilton le rompit : « Mylord, dit-il à Strafford , quand le » jugemBUt sera rendu, êtes*voussûrdes soldats?» Strafford , comme frappé d'une révélation , détourna la tête en frémissant et ne répondit rien (*). Cependant son indomptable fierté soutenait en^ core son espérance : « Que le roi dise un mot, » écrivait-il k Laud, et je ferai sortir d'ici les » Écossais plus vite qu'ils n'y sont entrés ; j'en w réponds sur ma tête ; mais il faudrait que l'avis » vînt d'un autre que de moi. » Charles en effet l'évitait déjà , redoutant l'énergie de ses conseils. Ce prince était tombé dans un profond découragement; chaque jour lui apportait quelque nouvelle preuve de son impuissance ; l'argent man-

(1) Burnet, Hist. démon tempsy 1. 1, p. 56, dans ms Co^ectkm.

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