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quait, et iml moyen d'en percevoir ne réussissait plus; les soldats se mutinaient ou désertaient par bandes ; le peuple s'agitait partout , impatient du dénoùmeiit qui se laissait pressentir ; les corres* pondances avec les Écossais se renouaient autour du Toi^ dans son caînp^ jusque dans ^ maison. Ceux-ci , toujours prudents dans leurs actes, humbles dans leur langage, ménageaient les comtés qu'ils avaient envahis, comblaient d^égards leurs prisonniers, et renouvelaient en toute occasion leurs protestations de sentiments pacifiques^ de fidélité et de dévouement au roi , sûrs de la victoire et ne demandant que la paix, qui ne pouvait manquer de la consacrer. Au mot de paix commençait à s'unir celui de parlement. A ce nom, Charles, saisi de crainte , imagina (^), oftne sait par quel avis, de convoquer à York le grand conseil des pairs du royaume y assemblée féodale depuis quatre siècles tombée en désuétude, mais qui j^adis, m. temps de la faiblesse des communeaUji, avait souvent partagé seule le pouvoir souverain. Sans bien savoir ce qu'était ni ce que pourrait cette assemblée, on en espérait plus de co^pplaisance et de ménagement poirr l'honneur du roi ; on se dc^
(>) Le 7 septembre 1640. Rushworth, f«v6. 2» t. U,p. 1257.
mandait s'il ne serait pas possible qu'elle volât seule des subsides ('). Mais avant que le grand conseil se fût réuni; deux pétitions, l'une de la cité de Londres (*) , l'autre de douze pairs , des plus considérables par leur rang ou leur crédit (^), sollicitèrent , en termes exprès y la convocation d'un vrai parlement. C'était assez pour vaincre la dernière résistance d'un roi qui ne pouvait plus rien. Au milieu de ces incertitudes , Strafford, pour satisfaire son ressentiment autant que pour justifier ses avis, avait attaqué les Écossais et remporté sur eux quelque avantage ; il fut blâmé comme ayant compromis le roi , et reçut l'ordre de se renfermer dans ses quartiers (*). Les pairs s'assemblèrent (*). Charles leur annonça qu'il convoquait un parlement , et ne réclama que leurs
(1) Glarendon , Hist. oftherébell.f 1. 1, p. 253.
(2) Rashworth , part. 2, t. IT, p. 1263.
(3) Ibidemy p. 1260. Les douze signataires étaient les lords Essex , Bedford, Hertford, Warwick, Bristol , Mulgrave, Say et Seal, Howard , Bolingbroke, Mandeville, Brook et Paget.
{*) Glarendon, Hist. of ihe rebell.j t. I , p. 273. — MM. Lingard {Hist. ofEngl., t. X, p. 95, not. 94} et Brodie {Hist. ofthe British enh pirCf etc., t. II, p. 539) nient ce fait, d'après des inductions tirées de documents officiel? et contemporains; mais leurs raisons ne me paraissent pas suffisantes pour faire rejeter le témoignage de Glarendon, dont le récit est formel , circonstancié, et qui n*avait à ce sujet aucun motif d'altérer la vérité.
(5) Le 24 septembre 1640.
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conseils pour traiter avec les Écossais (*). Les négociations s'ouvrirent. Seize pairs , tous enclins au parti populaire, furent chargés de les diriger (*). On stipula d'abord que les deux armées resteraient sur pied , et que le roi paierait celle des Écossais aussi bien que la sienne. Un emprunt de 200,000 livres sterling fut demandé , pour y suffire, à la cité de Londres , et les pairs joignirent leur parole à celle du roi pour en garantir l'emploi (^). Après avoir signé à Rippon les articles préliminaires , Charles , pressé de se reposer auprès de la reine de tant d'embarras et de dégoûts, transféra la négociation à Londres (*) , où le parlement devait s'assembler. Les commissaires écossais s'y rendirent en hâte , certains de trouver là de puissants alliés. Les élections s'accomplissaient dans toute l'Angleterre; la nation s'y portait avec ardeur; la cour, triste et abattue, essayait en vain d*y exercer quelque influence ; ses candidats, faiblement soutenus, étaient partout repoussés ; elle ne réussit même pas à faire élire sir Thomas Gar-
(<) Rushworth, part. 2, t. U, p. 1275.
(^) I^s lords Bedford, Hertford, Essex, Salisbury, Warwick, Bristol , Holland , Berkshire , Mandeville , Wharton , Paget , Brook , Pawlet , Howard , Saville , Dunsmore.
(3) Rushworth, part. 2, t. II, p. 1279.
(*) Le 23 octobre 16i0. Rushworth , part. 2, t. II, p. 1286-1305.
158 RÉVOLUTION D'AMGI^TERRE.
dîner, que-le roi voulait avoir pour orateur (^). La réunion du parlement fut ftxée au 3 novembre. Quelques personnes conseillèrent à Laud de choisir un autre jour. Celui-là, dit-on, était de mauvais augure ; sous Henri VIII , le parlement rassemblé à pareil jour avait commencé par la ruine du cardinal Wolsey, et fini par la destruction des abbayes (*)* Laud écarta ces présages, non par confiance, mais comme lassé de combattre, et s'abandonnant, ainsi que son maître, aux chances d'un avenir que tous cependant , vaincus ou vainqueurs , étaient bien loin de prévoir.
(^) Clarendon, Hist. of the rebell., t. Il, p. 2. — Whiteloeke , p. 35.
(2) Whitelocke , p. 35.