‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 60 sur 113 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Oavertare da parlement. — Il s'empare du pouvoir. — ÉU( des partis politiques et religieux. — Concessions du roi. — Négociations entre le ror et les cbefs du parlement. — Complot do I armée. — Procès et mort de Straflbrd. — Voyage da roi en Ecosse. — Insurrection de l'Irlande. — Débat de la remontrance. — Retour du roi à Londres. — Progrès de la révolution. — Émeutes. — Affaire des cinq membres. — Le roi quitte Londres. — Départ de ia reine poor le continent. — Affaire de la milice. — Négociations. — Le roi fixe à York sa résidence. — Les deux partis se préparent à la guerre. — L'entrée de HuM est refusée au roi. — Vaines tentatives de conciliation. — Formation des deux armées.

Au jour fixé, le roi ouvrit le parlement» Il se rendit à Westminster sans pompe , presque sans suite j non à cheval et le long des rues , selon l'usage j mais par la Tamise, dans une simple barque , craignant les regards comme un vaincu qui suit le triomphe de son vainqueur. Son discours fut vague et embarrassé. Il y promit le redresse-

ment de tous les griefs y mais persistant à donner aux Écossais le nom de rebelles y et à demander qu'on les chassât du royaume y comme si la guerre durait encore. La chambre des communes l'écouta avec un froid respect. Jamais y au début d'une session, <m ne Tavait vue si nombreuse; jamais les visages n'avaient paru si fiers en présence du souverain (*).

Le roi à peine sorti, ses serviteurs, rares dans la chambre , reconnurent bientôt , au milieu des groupes et dans leurs entretiens , que le courroux public surpassait même leurs craintes. La dissolution du dernier parlement avait aigri les hommes les plus modérés. Nul ne parlait plus de conciliation ni de prudence. Le jour était venu, disait-on, de déployer tout le pouvoir de la chambre et de déraciner les abus , si bien qu'on n'en pût craindre aucun rejeton. Ainsi , avec des forces bien inégales , des pensées également hautaines se trouvaient en présence. Depuis onze ans, le roi et l'Église avaient proclamé leur souveraineté absolue , indépendante , de droit divin ; ils avaient tout tenté pour la faire accepter ou subir à la nation. Hors d'état d'y réussir, et pourtant professant

(*} Clarendon, liist. of therehell., t. II, p. 1-i. — Pari. Flist», t. II, col. 629.

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toujours les mêmes maximes^ ils venaient , dans leur impuissance y demander secours à une assemblée qui y sans l'ériger en principe j sans l'étaler festueusement , croyait aussi à sa souveraineté j et se sentait capable de l'exercer*

Elle commença par mettre au grand jour tous ses griefs. Chaque membre arrivait porteur d'une pétition de sa ville ou de son comté; il la lisait , et la prenant aussitôt pour texte de quelque discours^ il proposait que la chambre^ en attendant des mesures plus efficaces ^ votât du moins que les plaintes étaient légitimes (*). Ainsi éclata en quelques jours et de toutes parts l'opinion du pays. Ainsi furent soudainement passés en revue et con* damnés tous les actes de la tyrannie y les monopoles, la taxe des vaisseaux, les arrestations arbitraires , les usurpations des évoques , les procédés des cours d'exception. Nul ne s'opposait à ces résolutions (*) ; et telle était l'unanimité que plusieurs furent adoptées sur la motion d'hommes qui, peu après, devinrent les plus intimes confidents du roi f ).

(«} Pari. Hist. , t. H, col. 640-666. — Clarendon, Hist. ofthe re6en., t. Il, p.* 21. — Rushnorlh , part. 2, t. I, p. 21.

(2) Pari. Ilist., t. II, col. 672.

(3) Sir John Colepepper, lord Digby, lord Falkland , clc.

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Comme si ce moyen n'eût pas suffi à tout dévoi* ler^ plus de quarante comités furent institués dans la chambre pour rechercher les abus et recevoir les plaintes des citoyens {*). De jour en jour^ des bourgeois , des fermiers venaient à cheval , et par bandes y apporter à Londres celles de leur ville ou de leur canton (•). L'accusation fut partout provoquée; elle retentit du haut de là chaire, sur les places publiques , avidement accueillie quel qu'en fût Forgane ou la forme , et admise avec la même confiance soit qu'elle s'élevât, sans rien spécifier, contre le gouvernement tout entier, soit qu'elle nommât des individus pour réclamer, sans mission , leur châtiment. La puissance des comités fut illimitée ; personne n'eut le droit d'y opposer même le silence, et les membres mêmes du conseil privé furent tenus de répondre sur ce qui s'était passé dans son sein (^).

A rimprobation des actes se joignit la proscription générale des auteurs. Tout agent de la couronne , quel que fût son rang , qui avait pris part à r exécution des mesures réprouvées, fut marqué

(•) Rushwortli, part, â , t. I , p. 2S. *~ Neal, HiH, ofthe PwrU., t. II, p. 318.

(*) Whitelocke, Memorials, etc. p. 36.

(3) Clareiidon, HiU. of the rébéU., t. Il, p. 43.

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du nom de déUnquant (*). Dan& ehaque comté , une liste des délinquants fut dressée. Aucune peine uniforme et définitive ne fut portée contre eux; mais ils pouvaient chaque Jour^ au gré de la chambre^ au moindre prétexte de nouvelle défaveur, être appelés devant elle, et punis par des amendes , Temprisonnement ou la confiscation.

En vérifiant ses propres élections , la chambre déclara indigne de si^^r sur ses bancs quiconque avait eu part à quelque monopole (^). Quatre membres furent exclus à ce titre (^). Plusieurs le furent également sous prétexte de quelque irrégularité , mais au fond sans motif légal , et parce qu'on se méfiait de leurs opinions. Deux des monopoleurs les plus décriés , sir Henri Mildmay et M. Whitaker, furent admis sans obstacle ; ils s'étaient don** nés au pouvoir nouveau (^).

A l'aspect de ce pouvoir si immense, si subit, si passionné, l'effroi saisit tous les serviteurs de la couronne, quiconque avait à redouter un reproche ou un ennemi. Pour eux l'accusation était partout, là défense nulle part. La cour ne son-

(') ClarendoD, Hist. of the rehell., t. Il, p, 14. ?) Le 9 novembre 1640.

(^) Le 21 janvier 1641.

(^} Pari. Hist., t. II, col. 6M, 656, 707. -^ Clarendon, Hist. of therehelL, t. II, p. 13.

ir,/| RÉVOLUTION D'ANGLETERBK.

fjeait qu'à se faire oublier; le roi cachait, sous une complète inaction , sa tristesse et ses inquiétudes; les juges ^ tremblant pour eux-mêmes, n'auraient osé protéger un délinquant; les évoques voyaient autour. d'eux, sans tenter d'y mettre obstacle, leurs innovations abolies; John Bancrof t, évêque d'Oxford , mourut subitement de trouble et de peur (*) ; les prédicateurs presbytériens rentraient, sans titre légal, en possession des cures et des chaires; toutes les sectes dissidentes reprenaient publiquement leurs assemblées; les pamphlets de toute «orte circulaient en pleine liberté ; le despotisme royal et épiscopal, encore debout tout entier avec ses ministres, ses tribunaux, ses lois, son culte, était partout immobile et impuissant (^).

Strafford avait prévu cette explosion et supplié le roi de le dispenser de se rendre au parlement : « Je n'y serai , lui écrivait-il , d'aucun service à » votre Majesté ; ma présence accroîtra ses périls, » et me livrera à mes ennemis ; qu'elle me per- » mette de rester éloigné, en Irlande, à l'armée, » où elle voudra; je pourrai Ty servir encore, et » me soustraire à la ruine qui m'attend. » — « Je

(*) RapiiiThoiras,Wts(. d'Angleterre, t. IX, p. 21. (2) Clarendon, Hist. of tke rebell., t. 11, p. 59. — Noal, Hist. of the Puril.y t. lî, p. 329, 342.

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