LIVRE TBOfSlËME
à Whitehall ^ déplora avec eux, leur situation y la même et pourtant bien moins triste , bien moins périlleuse que celle du tou Vive ^ caressante^ plaçant en eux seuls son espérance ^ elle eut peu dé peine à leur persuader qu'ils tenaient entre leut*^ mains le sort de l'État. Des conférences secrètes s'établirent ; des plans de . toute Isorte y furent produits. Les uns voulaient que Tarmée marchât sur Londres^ et sans plus attendre , tirât le roi dé servitude; d'autres , plus sages, proposaient seulement qu'elle adressât aux chambres une pétition pour exprimer son dévouement au roi , à l'Église ^ déclarer qu'à son avis la réforme de l'Etat était accomplie ^ et demander qu'on mtt un terme aux innovations. Il fut aussi question de secours étrangers , de levées en Portugal , en France ; propos frivoles et sans résultat y mais hasardés avec confiance par des hommes légers ^ ou qui sortaient de table , ou plus occupés de se faire valoir que de réussir. À ces entretiens correspondaient, dans Tarmée môme , quelques menées plus actives qu'efficaces; les mécontents allaient et venaient du camp à Londres; de petits écrits circulaient dans les cantonnements. Le roi lui-même eut enfin une entrevue avec Percy, frère du comte déNorthumberland et l'un des conjurés ; il repoussa, de
l'avis de Percy , tput dessein . violent , toute tentative d'amener Tarmée à Londres; mais un projet de pétition lui fut soumis , aussi menaçant pour le parlement que l'étaient, pour' la couronne et l'Église j celles que les chambres recevaient chaque jour. Il l'approuva, et, pour donner crédit aux meneurs de l'entreprise, se laissa persuader d'y apposer de sa main , en signe d'assentiment , les lettres initiales de son nom (*).
Le complot continua sans avancer ; la pétition ne fut point présentée : mais rien n'échappe à la méfiance d'un peuple , et elle tient les desseins pour des actes, les paroles pour des desseins. Sur les places , dans les tavernes , une foule d'espions volontaires avaient recueilli les imprudents propos des officiers. Pym , chargé de la police du parti, en fut bientôt informé. Peu après, la trahison lui en apprit davantage : Gorîng, l'uii des conjurés, vint tout révéler au comte de Bedford. Rien n'avait été fait; mais le roi s*était laissé proposer tout ce qu'on pouvait craindre. Les chefs des communes gardèrent le silence sur leur découverte, attendant, pour la mettre à profit, quelque grande
(^) May, Uist, du Long-Pari, t. I, p. 189, dans ma Collection, — ^.iarcndon , IlisL of the rebell., t. H, p. 132 et suiv. — Whilelockc , p. 43, 44. — Rushworlb , part. 3, t. I, p. 252-257.