‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 79 sur 113 · LIVRE TROISIÈME. (1640rl · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. (1640rl

Elle l'oblint aussitôt. Dans des conférences tenues chez lord Holland ^ à Kensington , les chefs de$ deux chambres se communiquaient leurs repsei* gnements, leurs soupçons, cherchant ensemble ce qu'ils avaient à faire^ tous inquiets 0t poussé^ par l'inquiétude à tout oser : « Si le rpi, dit lord New- >^ port , trame contre nous de tels complots , sa >j femme et ses enfants sont ici (*). » Et leurs alarmes étaient d'autant plus vives qu'ils n'osaient s'en servir pour émouvoir le peuple , car rien n'ayant éclaté en Ecosse, à Londres on ne pouvait rien dévoiler.

Au milieu de cette sourde agitation arriva tout à coup (^) la nouvelle qu'une insurrection aussi générale que violente couvrait l'Irlande de massacres , et menaçait du plus imminent danger la religion protestante et le parlement. Les catholiques irlandais, chefs et peuple, s'étaient partout soulevés, réclamant la liberté de leur foi, de leur patrie, invoquant le nom de la reine, du roi même, déployant une commission qu'ils avaient, disaientils, reçue de lui, et annonçant le projet de se délivrer, eux et le trône, des puritains anglais, leurs

(^) pari. Hist., t. II, col. 984. — Glarendon, Hist. of tlw rebell, t. II, p. 220-221.

(2) Le !•' novembre 1641.

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communs opprosseors. La conspiration , depuis longtemps .ourdie dans tout le royaume, n'avait été trahie que par hasard , à Dublin seulement , la veille (*) du jour où elle devait éclater ; et à peine avait-on, eu le temps d'en préserver le chef-lieu du gouvernement. Ailleurs son explosion n'avait rencontré presque aucun obstacle ; partout les protestants d'Irlande, attaqués à l'improviste , étaient chassés de leurs biens, poursuivis, égorgés, en proie à tous les périls, à tous les supplices que la haine religieuse et patriotique peut inventer contre des hérétiques, des étrangers et des tyrans. On faisait, de leur détresse, d'horribles et lamentables récits ; on parlait de morts innombrables , de souffrances inouïes ; et le mal était en effet si grand qu'on pouvait l'exagérer, au gré de ses craintes ou de ses vues, sans choquer la vraisemblance ni lasser la crédulité (^). Un peuple à demi sauvage et passionné pour sa barbarie, que ses oppres-

(1) Le 22 octobre 1641.

(2) May {Hist. du Long-Pari,, t. I, p. 236-250, dans ma Collection) porte à deux cent mille le nombre des protestants massacrés; Clarendon le réduit à quarante oii cinquante mille {Hist. oftherebelL, t. II, p. 227). Il est probable, diaprés la correspondance même des jUges qui administraient alors Tlrlande, et Tenquéte qui fut faite à ce sujet en 1644 , que ce dernier nombre est encore eiagéré. Cependant cette enquête, que M. Lingard(fît$^ ofEngL, t. X, note A, p. 463- 469) regarde comme décisive, ne mérite aucune confiance ; elle fut

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