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seurs lui reprochaient en l'empêchant d'en sortir, avait saisi avec transport l'espoir de délivrance que lui offraient leurs dissensions. Pressé de venger en un jour des siècles d'outrage et de malheur, il commettait avec joie et orgueil des excès qui frappaient ses anciens maîtres d'horreur et d'effroi. Tout moyen de lui résister manquait aux autorités anglaises; en haine de Strafford et de la couronne, préoccupé du seul dessein de fonder en Angleterre la liberté , le parlement avait oublié qu'en Irlande il voulait maintenir la tyrannie. Le trésor avait été épuisé, la loi martiale abolie, l'armée réduite à un faible corps , le pouvoir royal désarmé. On avait même , contre le vœu du roi , interdit aux Irlandais licenciés de passer à un service étranger {^) ; ils s'étaient répandus dans le pays, et prêtaient leur forceàPinsurrection. Enfin, quoique le comte de Leicester eût été nommé pour succéder à Strafford, aucun nouveau vice- roi ne résidait encore en Irlande ; et les affaires y étaient
faite y non-seulement trois ans après l'explosion , mais à une époque où le parti royaliste dominait absolument en Irlande et venait de faire la paix avec les catholiques ; elle eut évidemment pour objet d'atténuer, autant qu'on le pourrait , les excès des insurgés , les souffrances des protestants , et d'excuser ainsi l'alliance que le roi était sur le point de contracter.
(^) Rushworth, part. 3, t. 1, p. 381. — Clarendon , Jlist. of the rebelL, t. Il, p. 196.
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confiées à deux juges (*) sans capacité, sans crédit y que leur zèle presbytérien avait seul fait investir de ce difficile emploi.
Un cri d'épouvante et de fureur contre le papisme s'éleva dans toute l'Angleterre ; tout protestant se crut en danger. Le roi, qui avait reçu en Ecosse les mêmes nouvelles , se hâta d'en in-former les chambres, annonçant quelques mesures qu'avec le secours des Écossais il avait déjà prises pour réprimer la révolte , et remettant d'ailleurs toute l'affaire aux soins du parlement (^). Charles était étranger à l'insurrection^ et la prétendue commission que produisait sir Phelim O'neil n était qu'une grossière imposture ; mais sa haine connue pour les puritains , la confiance qu'il avait plus d'une fois témoignée aux catholiques, les intrigues que depuis trois mois il entretenait en Irlande pour s'y ménager au besoin des places fortes et des soldats (^), enfin les promesses de la reine
(*) Sir William Parsons et sir John Borlase.
(2} Clarcndon , Hist. ofthe rehdl., t. Il, p. 229.
(3) Carte , Life ofOrmond^ 1. 1, p. 132; t. UI, p. 30, 33, — Clarendon , State-Papers, t. II, p. 337. — Antrm's information , <laD8 l'appendice à VHistory of the frish rébellion de Clarendon. Le témoignage d'Antrim , surtout quant au détail des faits , ne mérite pas cependant, à mon avis, la confiance que lui accordent MM. Lingard {Hist, ofEngL, t. X, p. 150-154) et Godwin {Hist, of the commonweaMh , t. I, p. 220-225).
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avaient persuadé aux Irlandais qu'ils pouvaient , sans craindre un désaveu sincère , se prévaloir de son nom. L'Irlande une fois soulevée , Charles %e flatta qu'un si grand péril rendrait le parlement plus traitable ; et sans soutenir les rebelles y sanç méditer avec eux une prochaine alliance, il nq fut point, comme son peuple y saisi de colère et d'ef« froi à leur soulèvement , ne s'empressa point de les écraser, et livra aux chambres cette affaire pour en rejeter sur elles toutes les chances , pour écarter tout soupçon de complicité, peut-être aussi pour se décharger, aux yeux de ses sujets catholiques, de la responsabilité des rigueur.s qu'ils auraient à subir.
Mais toute finesse échoue- contre les passions d'un peuple, et qui ne veut pas les servir ne saurait les tromper. Plus habiles et mieux placés, les chefs des communes ne songèrent qu'à les exploiter à leur profit. Leurs inquiétudes s'évanouirent, car le peuple anglais se croyait tombé dans un péril analogue au leur. Prompts à se saisir du pouvoir que leur offrait le roi, malgré le faste de leurs déclarations et la violence de leurs menaces , le soin d'étouffer la révolte les occupa peu ; les secours de troupes et d'argent envoyés en Irlande furent faibles, lents, malconccrlés : à l'Angleterre
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seule s*adressèrenl tous leurs discours, tous leurs actes, et par une démarche aussi décisive qu'inattendue, ils résolurent de l'engager sans retour.
Peu après l'ouverture du parlement, un comité avait été chargé de préparer une remontrance générale où seraient exposés tous les griefs du royaume et les moyens de les redresser. Mais la réforme avait été si rapide qu'on avait négligé de donner tant de solennité à la plainte ; la plupart des griefs, politiques du moins , avaient disparu ; le comité ne s'occupait plus de sa mission , et personne ne paraissait plus y songer.
11 reçut tout à coup Tordre de reprendre son travail et de le présenter sans retard (^). En peu de jours la remontrance fut rédigée et soumise à la chambre. Ce n'était plus, selon le premier dessein, l'exposé d'abus actuels et pressants et des vœux unanimes du pays , mais un sombre tableau des maux passés , des anciens griefs , de tous les torts du roi, de tous les mérites du parlement, des obstacles qu'il avait surmontés, des périls qu'il avait courus, surtout de ceux qui le menaçaient encore et commandaient les derniers efforts ; sorte d'appel au peuple, adressé surtout aux presbytériens
(*; Vers le convmencement de novembre 1641. Clarendon, Hisl. of the rehell.i i. II, p. 231.