‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 81 sur 113 · LIVRE TROISIÈME. (16AC-16A · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. (16AC-16A

fenatiques^ et qui^ fomentant les passions que la révolte d'Irlande avait ranimées , les provoquait à se dévouer sans réserve à la chambre des communes y 'seule capable de les sauver du papisme ^ des évoques et du roi.

A la première lecture du projet, de nomlHreux murmures s'élevèrent; un acte si hostile, sans motifs publics, sans but direct ni apparent, excita dans beaucoup de membres, jusque là peu amis delà cour, la surprise et le soupçon; ils se plaignirent de l'amertume du langage , de cet inutile courroux contre des griefs déjà redressés , de la rudesse témoignée au roi, des espérances données aux sectaires. Quels étaient donc les desseins cachés, les périls inconnus qui exigeaient de si violents moyens? Si la remontrance était destinée au roi seul , quel bien en pouvait-on attendre? Si elle s'adressait au peuple , de quel droit en appelaiton ainsi au dehors? Les chefs du parti répondirent peu, ne pouvant tout dire ; mais, dans leurs entretiens, ils travaillaient avec ardeur à gagner des suffrages, protestant qu'ils ne voulaient qu'intimider la cour, déjouer ses , intrigues , que la remontrance une fois adoptée, on ne la publierait point. Ce langage n'était pas sans effet, car les méfiances étaient si profondes que des hommes ,

d'ailleurs modérés , les accueillaient dès qu'elles s'exprimaient avec prudence et douceur. Au bout de quelques jours (*), au moment où la chambre, en séance depuis plusieurs heures, était' près de se séparer, les meneurs demandèrent que la remontrance fût sur-le-champ mise aux voix; ils s'étaient comptés et se croyaient sûrs du succès ; mais lord Falklànd , Hyde , Colepepper , Palmer s'y opposèrent, insistant vivement pour qu'on remit au lendemain, et la chambre s'y prêta volontiers. «Pourquoi donc, dit Cromwell à lord Falklànd, «tenez-vous tant à ce délai? — Parce qu'il est y> trop tard aujourd'hui , et qu'à coup sûr il y aura » un débat. — Un léger débat, » reprit Cromwell avec une confiance réelle ou affectée. Ouvert le lendemain à trois heures après midi, la nuit venue, le débat semblait à peine commencé. Ce n'était plus la cour en présence du pays ; pour lapremîère fois , deux partis étaient aux prises, sinon tous deux également nationaux , nés dû moins l'un et l'autre du sfein de la nation, appuyés l'un et l'autre sur des intérêts et des sentiments publics, comptant tous deux , à leur suite , de bons et indépendants citoyens. De communes espérances les avaient

(*) Le 21 novembre 4641.

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