‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 86 sur 113 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

cortège remuant et présomptueux qui se rassemblait tous les jours autour de Wbitehall , déclamant x^ontre les communes , insultant leurs parti* sans y prodigues de bravades y de moqueries , et pressés que le roi ou le basard leur fournit quelque occasion de pousser leur fortune en prouvant leur fidélité (*).

Le parti populaire n'était pas moins impatient de la leur offrir ; ses attroupements devenaient chaque jour plus nombreux et plus agités. Des bandes d'apprentis, d'ouvriers , de femmes , se rendaient le matin de la Cité à Westminster ; et en passant devant Wbitehall, les cris : Point d'évêques! point de lords papistes! redoublaient de fureur. Quelquefois ils s'arrêtaient, et l'un d'eux , monté sur une borne, lisait à la foule les noms des membres pervers de la chambre des communes , ou des lords traîtres et corrompus. Leur audace alla jusqu'à demander qu'il n'y eût plus de concierge aux portes du palais , car ils voulaient voir le roi à toute heure et selon leur plaisir (*). Bientôt des rixes violentes s'engagèrent; les noms de cava--

(^) Mémoires de Ludlow, t. 1, p. 27, dans ma Collection,

(2) Clarcndon , Hist. of the rébelL, t. II , p. 293. — Mûy, ItisL du

Long-ParL, t. I, p. 279, dans ma Collection. — Pari. Hist., t. H,

col. 986.

23A RËYOLUTION D'ANGLETERRE.

tiers et de têtes rondes distinguèrent les deux partis. Les bourgeois repoussèrent d'abord celui-ci comme une insulte , puis l'acceptèrent comme un honneur (^). Les cavaliers , à leur tour, allaient chercher leurs ennemis auprès de Westminster^ tantôt pour les braver^ tantôt pour protéger les royalistes menacés à leur sortie du parlement. C'était surtout à la chambre haute que s^adressait le courroux du peuple^ car le bill d'exclusion des évoques y demeurait toujours en suspens. L'archevêque d'York , Williams , se rendant à pied à la chambre, voulut arrêter de sa main un jeune homme qui le poursuivait de ses injures; la multitude se précipita sur lui^ et ses amis eurent grand 'peine à le dégager (^). Les 4eux partis se faisaient et s'arrachaient tour à tour des prisonniers. Le sang coulait ^ les cavaliers se vantaient avec dérision d'avoir dispersé leurs adversaires ; mais ceux-ci revenaient le lendemain, plus aguerris et mieux armés. Un soir, comme les lords siégeaient encore , ie tumulte au dehors devint si violent que le marquis de Hertford, s'approchant

(») ClarendoD , Hist. of the reibell.^ U II , p. 296. — Rushworth , part. 3, t. ly p. 493.

(3) ClarendoD, Hist, of the reMl,, t. II, p. 294. — Rushworth, part. 3y t. I, p. 493.

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