LIVRE TROIMËME
pressaient de la commencer* hèn le lendemain de leur départ ^ la chambre apprit que deux centâ d'entre eux^ commandés par Lunafbrd^ s'étaient portés sur Kingston^ dépôt des magasins du comté^ à cinq lieues de Londres^ comme pour s'en emparer et s'y établir ; on sut aussi que lord Digby était allé les trouver de 4a part du roi^ pour les remercier de leur zèle et s'enteudre avec eux^ à coup sûr dans quelque fetal dessein. Le parlement prit soudain des mesures , et ces tentatives furent dé-^ jouées; lord Digby^ vivement dénoncé y s'enfuit et passa la mer (^). Se jugeant encore trop près de Londres^ le roi quitta Hamptoncourt pour Wind^ sor (®); Lunsford et ses cavaliers Ty suivirent. Là^ dans un conseil secret ^ il fut résolu que la reine^ emportant les joyaux de la couronne ^ se rendrait en Hollande pour acheter des munitions^ des armes, et solliciter le secours des rois du continent ; on donnerait pour prétexte à ce voyage la nécessité de conduire au prince d'Orange la princesse Henriette-Marie, encore enfant, qu'il avait épousée six mois auparavant (^). De son côté le roi, négo-
(•) Rushworth , part. 3, t. I, p. 469. — Nalson , t. il, p. 845 et saiv. — Pari. Hist., t. Il, cal. 1036. — Whitelockc, p. S2.
(2) Le 12 janvier 1642.
(3) Glarendon , Hist. of the rebell.^ t. lU, p. 83. — Uist. des révolutions d'Angleterre, parle père d'Orléans, Hy. 9, p. 87, édit. de 1694.
ciant toujours avec les chambres, devait se retirer par degrés vers les comtés du nord y où ses partisans étaient plus nombreux , fixer à York sa résidence^ et attendre là l'occasion et les moyens d'agir. Tout ainsi convenu, la reine fit avec grand mystère ses préparatifs de départ; et le roi invita les chambres à résumer leurs griefe et à les lui présenter tous ensemble, promettant d'y faire droit en un jour , et de mettre ainsi un terme à leurs débats (*).
La chambre haute accueillit avec joie ce message \ les amis du roi y étaient nombreux; beaucoup d'autres, effrayés ou lassés, n'aspiraient qu'à cesser la lutte sans s'inquiéter de l'avenir. Mais les communes , plus prévoyantes et plus résolues, ne pouvaient croire que le roi accordât ce qu'elles lui demanderaient, ni qu'il tînt ce qu'il aurait promis. Sa proposition ne fut, à leurs yeux, qu'une ruse pour en finir d'un seul coup avec elles, les congédier et ressaisir son pouvoir. Elles refusèrent d'accéder aux remerciments empressés des lords, à moins que le roi ne fût supplié de remettre d'abord le commandement de la Tour, des places fortes et de la milice , à des hommes investis de la confiance
(•) Le 20 janvier 1642. PaW. ïii^U, t. II, col. 1045 et suiv.