LIVRE TROISIÈME
» en autorité ou en sagesse , mais pour acquitter, » autant qu'il est en nous , ce que nous devons à » Dieu , à son Église, à notre pays. » La pétition . fut reçue , et Pym sortit pour y répondre ; elles se rangèrent autour de lui , devant la porte : « Braves » femmes, leur dit-il, votre pétition a été lue ; la » chambre vous en remercie; rentrez chez vous, » nous vous en conjurons, et que vos pétitions se » changent en prières pour le succès de nos tra- » vaux ; nous avons toujours été , nous sommes et » serons toujours prêts à vous défendre, vous, vos » maris et vos enfants. » Elles se retirèrent sans bruit : remarquable exemple de réserve dans les égarements de l'enthousiasme et de gravité morale dans les manœuvres de parti (*).
Ces pétitions étaient uniformes ; toutes demandaient la réforme de l'Église, le châtiment des papistes, la répression des malveillants. Quelques unes firent davantage et s'adressèrent au mal du moment; la chambre haute y fut ouvertement menacée; a Que ceux des nobles lords, dit- on aux » communes , qui veulent concourir à vos bienfat-
(^) Presque toutes ces pétitions furent présentées du 20 janvier au 5 férrier 1642; celle des femmes entre autres le fut le 4 février* Jownals of the house ofComtmns, t. II, p. 404 et suiv. — Pari. Hist.y t. II, col. 1049-J05S, 1073-1076. — Clareudon, Hist. oftherebelLy t. m, p. 56, 70.
204 RÉVOLUnON D'ANGLETERRE.
» santés résolutions, soient suppliés de s'unir à » cette honorable chambre pour siéger et voter avec » elle en un seul corps ; par là seront dissipées » toutes nos craintes et prévenus les coups que les » hommes les plus paisible» tenteraient enfin par » désespoir. » — <cNous n'avons jamais douté de la » chambre des communes , s'écriait le peuple aux » porles de Westminster; mais on dit que tout s'ar- » rète à la chambre <les lords : qu'on nous donne » les noms de ceux qui empêchent l'harmonie entre » les bons lords et les communes , nous y pour- » voirons (^). » Au sein même de la chambre haute, le langage des partis devenait celui de la guerre : « Quiconque refuse de se joindre aux communes , » dans l'affaire de la milice , dit le comte de Nor- » thumberland, est ennemi de l'État. » On le somma de s'expliquer : « Nous le pensons tous , s'écrièrent ses amis, jusque-là en minorité dans cette question. La multitude était aux portes ; la peur gagna les lords : plusieurs sortirent , d'autres changèrent d'avis; le chancelier Littleton lui-même , sauf quelques vaines réserves , se rangea au vœu des communes, qui reçut enfin l'adhésion de la chambre; et peu de jours après (^), le bill pour l'exclu-
(•) ClarendoQ , Hist. ofthe rehell.y t. ÏIÏ, p. 74-75. (2) Le 5 février 1642