‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 96 sur 113 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

sion des évêques, en suspens depuis trois mois, y fut pareillement adopté (*).

On le présenta seul au roi (^), l'ordonnance sur la milice n'étant pas encore rédigée ; sa perplexité fut grande : il venait d'annoncer aux chambres le prochain voyage de la reine; il avait, pour les adoucir, officiellement renoncé à toute poursuite contre les cinq membres (^); il consentait même à nommer gouverneur de la Tour sir John Conyers, que les communes avaient désigné {*); mais c'était son espoir, jusqu'au jour où il serait prêt, de ne rien faire de plus, d*éluder toute grande question. L'exclusion des évêques troublait sa conscience ; l'abandon de la milice livrait à ses adversaires toutes les forces du pays. Cependant on le pressait ; ses propres conseillers ne croyaient pas qu'il pût tout refuser; lord Falkland, supposant toujours la sincérité, penchait toujours vers les concessions ; Colepepper, peu dévot et porté aux expédients , insistait vivement pour l'adoption du bill sur les évoques, disant que la milice était d'une

(«) Clarendon, Hist. oftherébell.y t.Ul» p. 76, 78, 347. — May, HisL du Long-Parl.y t. I, p. 359, dans ma Collection, — Pari. Hist,, i. U, col. 1077, 1367.

(2) Le 7 février 1642.

(3) Le 2 février 1642. Rushworth , p. 3, t. I, p. 492.

(*) Le 11 février. Pari. //««., t. U, col. 1087. - Clarendon, Hist oftherehell,, t. III, p. 85.

bien autre importance, qu'avec l'épée on pourrait tout reprendre, et qu'alors il serait fecile de dé« clarer nul un consentement que la violence aurait arraché. « Est-ce l'avis de Hyde? lui dit le roi. — » Non, Sire, je l'avoue; il pense que ni l'un ni » l'autre bill ne doit être sanctionné.— Il a raison, » et ainsi ferai-je. » Colepepper alla trouver la reine, lui peignit les dangers du roi, les siens propres, les obstacles que rencontrerait son voyage, seul moyen de mettre le roi en état de vaincre un jour ses ennemis. A la véhémence de ses gestes, de ses paroles, la reine, aussi prompte à la peur qu'à l'espérance, et peu amie d'ailleurs des évéques anglicans, se laissa aisément troubler et persua* der. Elle courut chez son mari, pria, pleura, s'emporta , au nom de sa sûreté , de leur avenir , de leurs enfants. Charles était incapable de lui résister; il céda avec tristesse et repentir, comme dans le procès de Strafford, autorisa des commissaires à signer le bill en son nom , ne parla point de la milice, et partit aussitôt pour Douvres (^), où la reine devait s'embarquer.

A peine y était-il arrivé qu'un message des communes vint l'y chercher; comme Colepepper, elles

(^) Le 16 février 16«2. Mémoires de CUrendoD, 1. 1 , p. 144-i4S, dans ma Collection .

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