LIVRE THOISIIÎME. (i640-16/i2.j
lutions légitimes ; mais les partis ne se résignent point de la sorte à ne posséder qu'une légitimité éphémère ; les peuples ne se dévouent point avec (enthousiasme pour des doctrines et des intérêts d'un jour ; au moment même où le présent seul les domine et décide de leurs opinions et de leurs actes, ils veulent croire à la perpétuité de leurs idées, de leurs œuvres, et prétendent régler l'avenir au nom de T éternelle vérité. Non content de se saisir du pouvoir souverain, le parlement vota, en principe et comme pour définir l'ordre légal du pays, que le commandement de la milice n'appartenait point au roi , qu'il ne pouvait refuser sa sanction aux bills voulus du peuple, que les chambres , sans son concours , avaient le droit de déclarer quelle était la loi , enfin qu'il était bon et licite de solliciter par des pétitions le changement des coutumes ou des statuts en vigueur, mais que toute pétition pour leur maintien devait être repoussée comme sans objet (*). Malgré l'incertitude et la diversité des anciens exemples, de telles maximes, érigées en droit public et permanent, étaient évidemment contraires aux fondements historiques, à l'état régulier, à l'existence même
(») Clarendon, Hist. of the rebelL, t. m, p. 136, 145. — Pari, IJist., t. II, col. 1140^ sous la dalcdu 22 mars 1642.
de la monarchie. Le roi se hâta d'en profiter. A son tour, il parla au nom de la vieille Angleterre, de ses lois, de ses souvenirs. D'habiles et savants défenseurs se chargèrent de sa cause. Edouard Hyde, encore à Londres, et tantôt seul, tantôt de coiicert avec Falkland, rédigeait des réponses à toutes les publications du parlement. Portées à York fen toute hâte par de secrets messagers, ces pièces étaient remises au roi seul, qui passait les nuits à les copier de sa main, pour que nul n'en connût l'auteur, et les publiait ensuite au nom de son conseil (*). Écrites avec art et clarté, quelquefois même avec une pressante ironie, elles tendaient surtout à dévoiler les subtilités, les artifices, l'illégalité des prétentions du parlement. Charles ne gouvernait plus, n'avait plus de tyrannie actuelle à défendre; il pouvait se taire sur ses principes cachés, ses arrière-pensées, ses despotiques espérances , et invoquer la loi contre ses ennemis, despotes régnants k leur tour. Tel fut l'effet des * publications royales que le parlement mit tout en œuvre pour les étouffer, tandis que le roi faisait imprimer, en regard de ses réponses, les messages
(>) Mémoires de Clareodon, Ul, p. 157, 167, 171, dans ma Collection. - Mémoires de Warwick , p. 164, ibid.