‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 10 sur 150 · RÉFORMES TENTÉES PAR · texte numérisé non relu

RÉFORMES TENTÉES PAR

divei^ emprunts, puis aux officiers et aux soldats licenciés, fut enfin réglée. Les traitements des employés dans plusieurs services publics furent réduits ; des efforts sérieux et persévérants eurent lieu pour faire face à toutes les dépenses et à toutes les obligations de l'État. Dans ces affaires administratives, importantes bien que secondaires, le Parlement portait un esprit d'ordre, de [iTobité et d'économie, honorable pour lui-même et utile pour l'État, quoique souvent étroit et dur *.

Mais quand il en vint aux questions vraiment grandes et politiques, quand il fut en présence des obstacles et des ennemis qu'elles lui suscitaient, ce fut alors qu'éclatèrent l'insuffisance de ses lumières, ses idées chimériques, ses tendances anarchiques, ses dissensions intérieures et la faiblesse de sa position. Un grand nombre de s«6 membres avaient passionnément à cœur quatre innovations : dans l'ordre ecclésiastique, l'abolition des dîmes et celle du patronage laïque pour la collation des bénéfices ; dans l'ordre civil, la suppression de la Cour de chancellerie et la substitution d'un code unique au vaste ensemble de statuts, de coutumes et de précédents qui formaient la loi du pays. Non-seidement ces innovations avaient pour adversaires naturels les classes dont les intérêts s'en trouvaient lésés, le clergé, les propriétaires patrons, les magistrats, les jurisconsultes et

* Somers's Tracts, t. VII, p. 177-245 ; — Joumals of the House of commons, t. VII, p. 283, 292, 293, 297, 298, 299, 300. 301, 302, 303, 304, 308, 310, 315, 316, 323, 324, 326, 327, 329, 330, 356-360.

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toutes les professions engagées à leur suite ; mais elles portaient, plus ou moins directement, atteinte à ces droits de propriété et d'hérédité auxquels on ne saurait toucher même de loin, sans que la société tout entière ne se sente ébranlée. Aussi, dès que ces questions vitales s'élevèrent, une scission profonde s'opéra dans le Parlement ; les hommes en qui dominaient soit les intérêts de classe ou de profession, soit Fesprit conservateur, repoussèrent les innovations proposées; ceux qui, dans leurs désirs de réforme, conservaient leur bon sens, demandèrent qu'avant d'abolir ces institutions et les droits attaqués, on examinât comment les institutions devaient être remplacées et les possesseurs des droits indemnisés de leur perte. Mais les réformateurs , sciemment ou aveuglément emportés par l'esprit révolutionnaire, voulaient qu'on votât d'abord, absolument et en principe, les innovations qu'ils sollicitaient, sauf à rechercher ensuite ce qu'il y aurait à faire pour combler les vides ou réparer les dommages qu'elles auraient causes. Ils ne savaient pas quels forts et intimes liens rattachaient les institutions attaquées aux bases mêmes de la société anglaise, ni combien de temps et de soins il faut prendre pour réformer un abus sans ébranler le droit sacré ou le pouvoir nécessaire au sein duquel il s'est formé. Ils l'emportèrent un moment sur les quatre questions : l'abolition des dîmes •, du patronage laïque *, de la Cour

i Les 15 et 16 juillet et 10 décembre 1653. « Le 17 novembre 1653.

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