SW REFORMES TENTEES PAR
de chancellerie ^ et la rédaction d'un code unique * furent en effet votées en principe ; mais les intérêts froissés étaient puissants et habiles ; ils s'unirent fortement^ et opposèrent^ à la mise en pratique de ces résolutions générales^ des entraves et de ces délais qui les rendaient vaines. L'esprit révolutionnaire irrité se déploya de plus en plus : les motions étranges se multiplièrent ; les unes puériles^ comme celle-ci : a Seront incapables des ema plois publics tous ceux qui les auront sollicités ; » les autres menaçantes^ non-seulement pour les classes élevées^ mais pour toutes les existences établies^ par le mysticisme démagogique et destructeur qui s'y révélait. Quoique vivement combattues dans le Parlement^ ces propositions y étaient tôt ou tard adoptées^ car les sectaires ardents et béats^ le major général Harrison à leur tête, y prenaient de jour en jour plus d'empire. Ils recevaient, de leurs amis du dehors, une fougueuse impulsion ; toutes les questions, politiques ou religieuses^ qui occupaient le Parlement étaient simultanément débattues dans des réunions de simples citoyens, sans limite quant au nombre, sans frein quant aux idées et au langage. Deux prédicateurs anabaptistes entre autres, Christophe Feake et Vavasor Powell, enthousiastes éloquents, tenaient tous les lundis, à Black-Friars, des séances où se pressait une multitude d'auditeurs, s'échauffant les uns les autres dans leur esprit d'opposi-
I Le 5 août 1653.
î Les 18 et 19 août 1653.
LE PARLEMENT BAREBONE. 29
tion et de réyolution; la politique étrangère y était traitée comme les affaires intérieures^ avec le même emportement et encore plus d'ignorance ; la guerre contre les Provinces*Unies préoccupait surtout les deux prédicateurs : oDieu^ » disaient-its^ <c a livré la Hollande « aux Anglais; c'est là que les saints doivent aborder^ « et de là qu'ils doivent partir pour aller renverser de « son trône la prostituée de Babylone et pour établir^ a sur le continent^ le règne du Christ, d — - a Je suis allé a lundi dernier^ dans l'après-midi ^ à la réunion de 0 Black-Friars^ » écrivait a Jean de Witt son ami Beverning^ alors envoyé de Hollande à Londres ' ; « le but « de ces gens-là est de renverser les gouvernements et a de soulever ici le peuple contre les Provinces-Unies ; a j'ai entendu ; dans cette assemblée de saints, une a prière et deux sermons; mais, bon Dieu! quelles a cruelles et abominables trompettes de destruction, de a meurtre et d'incendie 1 En les écoutant, j'ai pensé à la « réponse de Notre-Seigneur à ses apôtres Jacques et « Jean : —Vous ne savez de quel esprit vous êtes ani- « mes ', »
Cromvirell observait attentivement ces désordres et ces
' Le 5 septembre 1653.
■ JoumaU of the Hotue of commons, t. VII, p. 283, 284, 285, 286, 296, 304, 352, 335, 336, 321, 325, 333, 334, 346, 340 ;-Carlyle, CrofMJDeU's Letters and Speeches, t. II, p. 234 ;— Thurloe, Statê-Papers, t. l, p. 442, 591, 641; — Godwin, Hist. of the Commonwealth, t. III, p. 570-576 ; t. IV, p. 58-60 ;— Forster, Statesmen of the Commofwjealth, t. V, p. 215.