M REFORMES TENTEES PAR
conseil d'État ne deyaient se rassembler tant (pie le Parlement était en séance ; il fallait que leurs membres pussent y venir siéger; c'était avant et après la séance générale qu'ils se livraient à leur mission particulière. Us ne tardèrent pas à présenter au Parlement de nombreux rapports : les dimes^ les réformes dans les lois civiles et criminelles^ l'administration des finances^ Fétat et la comptabilité de l'armée^ le règlement des dettes et la répartition des terres en Irlande, les pauvres, les prisons, les pétitions devinrent, coup sur coup, Tobjel de vifs et longs débats. Un zèle sincère animait l'assemblée; les questions d'intérêt privé tenaient peu de place dans ses délibérations; honnête et hardie, elle ne songeait qu'à servir et à réformer l'État '.
Mais on vit bientôt éclater ce que les réformateurs populaires ne prévoient jamais, les obstacles et les chimères. Pour accomplir, sans la bouleverser, de grandes réformes dans une grande société, il faut, au législateur, beaucoup de lumières et une position haute; venues d'en bas, les réformes sont inséparables des révolutions. Le Parlement des élus de Cromwell n'était ni assez éclairé, ni assez considérable pour réformer, d'une main tranquille, la société anglaise; et comme en même temps il n'était ni assez insensé, ni assez pervers, ni assez fort pour détruire aveuglément au lieu de ré-
1 Journals ofthe Hotise of commons, t. VII, p. 238, 285, 286, 288, 290, 292, 293, 297, 298. 299, 300, 301, 302,303, 304, 308, 310, 315, 316, 324, 326, 327, 330, 331, 334, 341, 354.
LE PAHLEMENT BAREBONE. «6
former^ il ne tarda pas^ malgré son honnêteté et son courage, à devenir impuissant, et ridicule par son impuissance dans son ardeur.
11 trouvait pourtant une partie de sa tâche très-avancée : les deux comités que le Long Parlement avait institués en 165i j Tun dans son sein et l'autre en dehors, pour s'occuper de la réforme des lois, avaient laissé un grand travail où la plupart des questions étaient résolues, et même les solutions toutes rédigées. Vingt et un projets, dix-sept sur divers points d'organisation judiciaire et de législation civile, quatre sur des points de législation criminelle ou de police religieuse et morale, étaient là tout prêts, attendant le vote qui devait en faire des lois. Le nouveau Parlement fit réimprimer et distribuer ce travail à tous ses membres '. Il n'en sortit, après de longs débats, que quatre lois de réforme; l'une pour placer sous l'autorité civile la célébration des mariages et la tenue des registres destinés à les constater, ainsi que les naissances et les décès; les trois autres pour le soulagement des détenus pour dettes et autres prisonniers, et pour l'abolition de certaines redevances et de certains délais de procédure. La perception des impôts, la concentration dans un seul trésor public de tous les revenus de l'État, l'administration de Tarmée et de la marine furent aussi l'objet de règlements qui mirent fin à de graves abus. I^ question de la distribution des terres confisquées en Irlande, d'abord aux prêteurs des
i Le 12 juillet 1653.