INCERTITUDE SUR LES INTENTIONS
C'était la croyance générale qu'il voulait décidément y réussir et qu'il y réussirait en efiPet : a Les Presbytériens^ « écrivait le colonel Titus à Hyde ^ disent que tout est «t prêt^ et que, bien que les républicains de la Chambre ce et de l'armée aient d'abord parlé très-haut, ils sont ff maintenant assez abattus et commencent à ne plus se a croire en état de faire aucune opposition. » Sir Francis Russell, dont Henri Cromwell avait épousé la fille, écrivait le 27 avril à son gendre : <x Je prends, dans « cette lettre-ci, congé de Votre Seigneurie, car ma pro- « chaine sera probablement adressée au duc d'York. « Votre père commence à sortir des nuages, et il nous c< semble qu'il s'est résolu à prendre le pouvoir royal, a Le grand bruit qu'on a fait dernièrement, à ce proa pos, est à peu près passé, et je ne crois pas qu'il en ce résulte le moindre désordre. J'ai eu, aujourd'hui « même, un petit entretien avec votre père sur cette « grande affaire ; il est très-gai et paraît hors de ses « perplexités*. »
Les habitués intimes de Cromwell n'étaient pas si confiants : « Certainement, écrivait Thurloe à Henri Crom- « well*. Son Altesse a de grands embarras dans son a esprit, et cependant jamais homme n'a été si claire- « ment appelé; autant que je puis voir, le Parlement « ne se laissera point persuader que le gouvernement
* Burton, Diary, t. II, p. 118; — Forster, Statesmen ofthe CornmonweaXih^ t. V, p. 353.
« Le 21 avriia657.
DE CROMWÊLL (avril-mai 1657). 317
< puisse être définitivement établi d'aucune manière. « La plupart des soldats sont non-seulement consen- « tants^ mais contents ; quelques-uns grognent^ mais je « crois que ce sera tout. Quelque résolution que prenne « Son Altesse^ ce sera bien sa propre résolution^ car il « n'y a rien au dehors qui puisse la contraindre soit « à accepter^ soit à refuser.... La vérité est que son a attitude, dans ses conférences avec les commissaires^ a a fait grandement espérer qu'Elle céderait enfin au a Parlement. Le temps seul fera voir ce qui en est; a quant à présent, nous ne pouvons que conjecturer ^ »
Mais c'étaient là les doutes d'un vieux politique et les inquiétudes d^un serviteur intéressé; le public ne les partageait point; il'croyait fermement à la résolution et au succès ; on allait jusqu'à dire que, pour le jour de la cérémonie royale, la couronne était prête et apportée à Whitehall; et Cromwell, dans quelques moments d'abandon, confirmait lui-même ces bruits publics, car il lui échappait de dire que, « dans son for intérieur, (( depuis sa troisième conférence avec les commissaires a du Parlement, il était convaincu qu'il lui convenait « de prendre le titre de Roi '. »
Le 30 avril, la délibération sur les amendements à la Pétition était terminée ; le Parlement fit demander au Protecteur une audience pour la lui présenter ainsi mo- '
* Thurloe, State-Papers, t. VI, p. 219.
» Wellwood, Memoirs, p. 116 ; — Forster, Stateirtien of the CornmomjDealthj t. V, p. 354; — Whitelocke, p. 656.