LE PARLEMENT PRÉSENTE A CBO^WELL
dijBée. {^'entrevue fut courte et froide ; GrcHuweU reçut Hç& mains de Whiielocke la Pétition amendée, jeta les yeux sur les dernières phrases^ et se contenta de dire^ précipitamment et à Toix basse^ a que ce papier exigeait quelque délibération ; il ne pouvait encore indiquer un jour à la Chambre ; dès qu'il en aurait fixé un^ il le lui ferait savoir ; ce serait aussitôt que cela se pourrait^ et que lui-même il le pourrait ^ »
C'était peu pour lui que la jdupaH de ses amende^ ments à la Pétition eussent été adoptés; la difficulté n'était pas là^ ni dans le Parlement. Malgré son ardent travail^ il n'avait pas réussi auprès de quelquesuns des chefs les plus importants de l'armée; ils persistaient dans leur opposition à son dessein^ par envie^ par fidélité républicaine^ par fanatisme de secteùres^ par humeur de sa conduite envers les majors généraux^ quelques-uns même , proches parents de Cromwell , comme Fleetwood^ son gendre^ et Desborough^ son beau-frère^ dans leur intérêt de famille^ et convaincus que le rétablissement de la monarchie tournerait au profit de Charles Stuart. Auprès de la nation en général^ Cromwell n'avait pas réussi davantage; elle ne résistait points mais ne poussait point à son succès; il n'était point parvenu à le lui faire considérer comme utile et déci^f pour elle-même ; elle assistait à Fentreprise avec une curiosité indiflérente, comme à une affaire d'ambi-
* Jçumiils of the House of oommons^ t. VII, p. 529 ;— Burton Diary, t. II, p. 101.
LA PETITION AMENDÉS (M àvru 1657). - 919
tien powanelia et de coterie politique ; un inetinct fvfh fiond avertissait l'Angleterre que sa propre condition en serait peu diangée^ et que révénement^ $'il s'accomplis* sait; ne lui rendrait pas les deux choses qu'elle avait i eœur^ un vrai Roi et un vrai Parlement. On ne ranime paS; à son gré^ les passions confiantes dans le ccdur des peuples^ et les plus habiles échouent à persuader les hommes qu'ils ont souvent trompés.
liais Cromwell ne renonçait jamais, il ne pouvait se résigner à croire que^ dans sa propre famille^ la résistance fût invincible. Le 5 mai l&^l, il Qt dire aux <3omnn^res du Parlement de se rendre auprès de lui le lendemain^ dans l'après-midi^ et ce même jour il s'invita lui-même à diner chez son beau>f rère Desborough^ où il amena son gendre Fleetwood. Là^ familier et gai selon sa coutume^ il plaisanta sur la monarchie^ répétant sa phrase favorite a que c'était une plume à un f chapeau^ et qu'il s'étonnait que des hommes ne per- « missent pas à des enfants de jouer avec leur hochet, v MaiB Fleetwood et Desborougb demeurèrent sérieux et obstinés : « 11 y avait dans c^tte affaire^ » lui dirent-ils^ ^ bien plus qu'il n'y voulait voir; ceux qui l'y pousa salent n'étaient pas du tout enAemis de Charles « Stuart; et s'il y consentait, il attirerait sur ses amis et H sur lui-même une ruine infaillible; »— « Vous êtes f un couple de trop difficiles compagnons^ » leur dit n Cromwell en riant, t< il n'y a rien à faire 4e vous; » ^ il les quitta^ décidé à passer outre, malgré leur humeur. Le lendemain, 6 mai, il annonça aux commis-