DE CROMWELL A SA ROYAUTE
Tun de nouveau perplexe, Tautre irrité. Desborough, en rentrant chez lui , y trouva le colonel Pride, le même qui, le 6 décembre 1648, avait, sur Tordre de son général, cliassé tout le parti presbytérien de la Chambre des Conununes; Pride avait été naguère fait chevalier de la main de Cromwell, et il était maintenant Tun des républicains les plus intraitables : « Cromwell est décidé à a accepter la couronne, » lui dit Desborough; — «Il ne « le fera pas, » répondit Pride; — « Comment l'en empêtf cheras-tu?» — «Procure-moi une pétition bien rédi- « gée, et je l'en empêcherai. » A l'instant, ils allèrent ensemble chez le docteur Owen, le vice-chancelier de l'université d'Oxford; le théologien était de même humeur que les officiers, et rédigea volontiers la pétition qu'ils désiraient. Cromwell en eut sans doute (|uelque avis; de là son retard à recevoir le Parlement. 11 ne reçut pas même ce soir-là les commissaires, quoi- ([u'il les eût expressément convoqués ; ils l'attendaient depuis plus de deux heures lors([ue, pour aller voir un cheval barbe qu'on venait d'amener dans son jardin, il traversa la salle où ils étaient réunis; il s'excusa, « un « peu légèrement, » dit Ludlow, de les avoir fait attendre si longtemps, et les pria de revenir le lendemain matin. Ils revinrent en effet, et soit pendant qu'ils étaient auprès du Protecteur, soit au moment où ils rentraient dans le Parlement pour rendre compte de leur entretien, des officiers arrivèrent à la porte de la Chambre, demandant à être admis pour présenter une pétition. Reçus à la barre, l'un d'entre eux, le colonel