‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 109 sur 150 · U MORT · texte numérisé non relu

U MORT

dow, cultivant ses fleurs et épiant Toccasion de se venger à son tour^

Pendant qu'il écartait ainsi un ennemi incommode^ la mort délivra Cromwell d'un témoin sévère. Dans les premiers jours d'août 1657^ l'amiral Blake rentrait en Angleterre «ur son vaisseau le Saint-George, après avoir^ le 20 avril précédent^ remporté sur les Espagnols^ dans la baie de Ténériffe, la plus périlleuse et la plus éclatante de ses victoires. Arrivé en vue de Plymouth, Blake épuisé par les blessures^ la maladie^ et par son dévouement aux rudes devoirs d'une campagne d'hiver^ à la tête d'une flotte délabrée^ rendit l'âme au moment où l'aspect des côtes de la terre natale réjouissait ses derniers regards^ et les mêmes signaux qui annonçaient son retour annoncèrent qu'il avait cessé de vivre. Ce fut, pour l'Angleterre, une douleur publique ; Cromwell s'empressa d'honorer avec éclat les restes du héros répubhcain qui avait usé sa vie à illustrer son pays en servant un pouvoir qu'il n'aimait pas. Transporté par la Tamise à Greenwich, au miUeu du deuil de tous les navires qui couvraient le fleuve, le corps resta quelques jours solennellement exposé sur cette même place où s'élève aujourd'hui l'hôtel des Invalides de la marine anglaise; et le 4 septembre, les obsèques de Blake furent

t Ludlow, Mémoires, t. II, p. 370-371, dans ma CoZZeceton;— Mistriss Hutchinson, Mémoires, t. II, p. 260 ; ibid,,- — Life of Cromwell, p. 358; — Mark Noble, Memovrs of the Protectoral House , t. I, p. 366 ;— Clarendon, Hi$t, of the Rébellion, 1. xv, c. 30, 34, 39, 64 ; — Godwin, Hist, of the Commonwealth, t. IV, p. 415-418.

DE BLAKE (août 1657). .1S5

célébrées dans l'abbaye de Westminster, avec tous les honneurs que la pompe officielle et la sympathie populaire peuvent répandre sur un tombeau ^

Le nouveau Protectorat n'était, pour Cromwell, qu'un pas de plus vers le but auquel il aspirait; mais c'était un pas considérable ; il se voyait enfin en présence d'un Parlement bien disposé pour luî^ et monarchique dans sa constitution comme dans ses sentiments. Il avait à former cette autre Chambre qu'on venait de rétablir eii principe, et à préparer la seconde session du Parlement ainsi complété. C'était, pour lui, une occasion naturelle de rallier à son gouvernement des hommes considérables et de donner d'avance, à sa royauté future, de vrais royalistes pour appuis. Il chercha partout, dans sa propre maison comme dans le pays, des moyens d'accomplir ce dessein. De ses quatre flUes, deux restaient à marier, Marie et Françoise, toutes deux jeunes et faites pour plaùre : Marie, spirituelle avec bon sens , active, fière, remuante, dominante, passionnément préoccupée désintérêts de sa famille et des vues de son père avec qui

ses traits offraient, dit-on, quelque ressemblance; Françoise, belle, vive, gaie, séduisante et disposée à de tendres entraînements. Un jeune homme d'un rang élevé, Thomas Bellasis, vicomte Faulconbridge, revenait, vers cette époque, de ses voyages sur le continent, et avait

1 Robert Blake, p. 381-365;— Whitelocke, p. 664-665;— Cl arendon, Hist. oftheRehélL, 1. xv, c. 57; — Godwin, Hisf. of theCommonu-ealthy t. IV, p. 418-421.

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