CONDUITE DE CROMWELL ET
luttes : c'était au nom et avec l'appui des sectaires réformateurs qu'il avait chassé le Long Parlement et saisi le pouvoir ; il demandait naguère avec eux ce qu'ils réclamaient aujourd'hui. Mais il avait promptement reconnu que de tels novateurs^ bons pour détruire^ restaient destructeurs pour le pouvoir même qu'ils avaient élevée et que les classes au sein desquelles dominaient les intérêts conservateurs étaient les alliés naturels et permanents de l'autorité. 11 n'avait d'ailleurs ni principes^ ni scrupules qui l'empêchassent de changer > selon les temps^ de conduite et d'amis. Gouverner^ c'était son dessein ; quiconque l'empêchait de parvenir ou de se maintenir au gouvernement était son adversaire ; il n'avait d'amis que ses agents. Les propriétaires^ le clergé j les jurisconsultes, avaient besoin de lui et s'offraient à le soutenir s'il voulait les défendre ; il fit alliance avec eux y changeant ainsi complètement de position^ et devenant de populaire aristocrate et de révolutionnaire conservateur. Mais il était habile et prudent^ et savait ne rompre que dans la mesure qui lui convenait, et ménager encore, même quand il voulait rompre. 11 fit venir les principaux meneurs des sectaires^ entre autres le prédicateur anabaptiste Feake , leur reprocha l'aveugle violence de leur opposition qui, au dehors comme au dedans, servait leurs ennemis communs, et rejeta sur eux la responsabilité de tout ce qui pourrait en arriver : « Milord, » dit Feake, je voudrais (( que ce que vous dites et ce que je vous répondrai fût (c enregistré dans le ciel ; ce sont d'abord vos intrigues