CROMWELL FORME LA NOUVELLE
Tun des plus grands seigneurs de TAngleterre. Quoique lord Warwick fût son ami particulier, le Protecteur apporta d'abord , pour des arrangements de fortune, quelques délais à ce mariage ; mais Tempressement de lady Françoise elle-même Tobligea bientôt à les lever ! « Je vous dirai entre nous, » écrivait sa sœur Marie à leur frère commun Henri Cromwell ^ a qu'ils sont déjà a si engagés Tun à l'autre que le mariage ne saurait, à « aucun prix, être rompu, b Le Protecteur en était, à coup sûr, très-satisfait, car il le fit célébrer avec grande pompe, et se livra lui-même, dans les fêtes intérieures de Whitehall, à des accès de gaieté qui témoignaient de sa joie plus que de son bon goût*.
Ses filles ainsi établies dans la haute aristocratie, il chercha là aussi des forces et des ornements pour la seconde Chambre qu'il avait à former ; c'était instinct des grandes conditions du gouvernement plutôt que vanité ; il voulait assurer à son pouvoir Tadhésion des noms consacrés par le temps et dans l'histoire du pays. Parmi les membres de l'ancienne Chambre des
1 Cette lettre, d'après les State-Papers de Thurloe (t. V, p. 146), est datée du ^ juin 1656 ; je suis porté à croire qu'il y a là une erreur, et que la date doit être le 23 juin 1657; il me paraît difficile qu'en de telles circonstances, le mariage se fût fait attendre du 23 juin 1656 au 11 novembre 1657.
« Thurloe, State-Papers, t. V, p. 146; t. VI, p. 104, 1^5, 134, 573, (538;^|Hark Noble, Memoira of the Protectoral Eouae^ X, I, p, 123- 157, 311-319 ; t. II, p. 388-402 \—Cro'nvweUiana, p. 169 ;— Forster, Statesmm ofthe CommonwealtK t. IV, p. 184-186; t. V, p. 365-369; — Godwin, Hist. ofthe Commomi^ealth, t. IV, p. 421-422.
CHAMBRE DES LORDS (10 BécsHBRS 16S7). 3$d
LordS; sept consentirent à receYoir^ pour la nouvelle, ses lettres de convocation. Il y appela en outre neuf grands fonctionnaires civils, quinze officiers généraux, parmi lesquels quelques-uns des plus humbles soldats de fortune dé la guerre civile, des gentilshommes de campagne et des bourgeois importants dans leur comté ou dans leur ville, et les plus notables des acteurs qui avaient figuré dans les derniers parlements de la Révolution; en tout soixante-trois personnes, sans compter huit grands juges des cours de Justice appelés à siéger comme assistants. Le Protecteur eut grand'peine à former cette liste : il rencontrait tantôt beaucoup d'hésitation, tantAt un empressement incommode : <c La difficulté est exa trême, » écrivait Thurloe à Henri Cromwell *, « entre « ceux qui conviendraient fort mais ne veulent pas, et « ceux qui désirent vivement mais ne conviennent pas. » L'un des chefti les plus ardents de l'opposition, sir Arthur Haslerig, était désigné, mais on doutait de son acceptation : « Qu'il ne manque pas de venir , » lui fit dire Lenthall, désigné aussi; «assurez-le de ma part que « tous ceux qui entreront dans cette Chambre seront à « jamais pairs d^Angleterre , eux et leurs héritiers, n Enfin, le 10 décembre 4657, au dernier terme permis par l'acte constitutionnel du Protectorat, la liste fut publiée ; les lettres de convocation, qui ne conféraient et n'excluaient point l'hérédité du siège, furent adressées aux membres nommés; et, le 20 janvier 1658, les deux
* Le l'"' décembre 1657.