‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 115 sur 150 · LA CHAMBRE DES COMMUNES PERSISTE · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE DES COMMUNES PERSISTE

« lement^ disait le colonel Shapcott*; cela est clair, para faitement clair; et si cela est, a-t-on jamais vu en Ân- « gleterre deux Chambres des Communes? Vous ne poua vez pas les reconnaître conmie une Chambre du Par- « lement sans les appeler une Chambre des Lords. »— « Vautre Chambre, dit M. Nanfan', c'est absurde; quand a vous entrez ici et qu'ils parlent de vous, c'est vous qui « êtes pour eux l'autre Chambre.»— « On nous dit : Ne « refaites pas un Roi, ne refaites pas une Chambre des « Lords, car Dieu les a couverts de mépris; je vous ren- « voie ces paroles, s'écriait le major Beake'; Dieu a coutf vert aussi une République de mépris; y a-t-il eu une (X goutte de sang vei*sée quand on l'a mise à la porte? a Jamais, à coup sûr, RépubUquen'a fait moins de bruit « en mourant. »— « Pour moi, dit M. Gewen*, comme « nous sommes un Parlement libre, je propose que nous a rédigions un bill pour donner à Son Altesse la dignité a et le titre de Roi, car la Providence les lui a conférés *.» Pendant cinq jours, la Chambre ne fut qu'une arène de violences et de récriminations semblables. D'une part, l'entêtement révolutionnaire se donnant et se prenant lui-même pour de l'héroïsme républicain, et voulant lier, à tout prix et pour toiyours, le sort du pays à

1 Le 30 janvier 1658.

* Ibidem»

» Le 2 février 1658.

* Le 3 février 1658.

* Joumah ofthe House of commons., t. VII, p. 588-599 , — ^Burton, Diary, t. II, p. 387, 406-407, 402, 401, 416, 424.

DANS SON OPPOSITION (jaNvikr-pkvribr 1658). 349

son propre sort; d'autre pari, le zèle tantôt grossier, tantôt sceptique^ des soldats et des légistes engagés au service d'un maître dont ils avaient longtemps partagé le succès et dont ils commençaient à pressentir le déclin. Dans cette lutte, la passion, plus sincère et plus contagieuse, dès vieux révolutionnaires prévalut; la Chambre des Communes se refusa décidément à reconnaître la Chambre des Lords sous ce titre; et le 3 février 1658, elle vota qu'elle enverrait sa réponse à Vautre Chambre par ses propres messagers ^

Le lendemain, 4 février, un peu avant midi, sans consulter ni avertir personne, le Protecteur monta tout à coup dans son carrosse, et suivi seulement de quelques gardes, il se rendit à la Chambre des Lords, et y fit appe-

1er la Chambre des Communes. Son allocution fut courte et sévère : « Il avait espéré, dit-il, que Dieu ferait, de cette session, une bénédiction pour le pays; il croyait que la Pétition et avis votée par le Parlement avait placé le gouvernement sur un terrain ferme; il ne s'en était chargé que dans cette confiance et aux termes fixés par cet acte : a Je ne l'aurais pas entrepris s'il n'y avait (f eu des personnes appelées à s'interposer entre moi et c< la Chambre des Communes, et en état de prévenir les a entraînements populaires. J'ai reçu mission de noma mer une autre Chambre ; je l'ai formée d'hommes de « votre rang et de votre qualité, disposés à vous tendre

i JowmaU of the House of commons^ t. VII, p. 591; — Burton, Diaryj t. II, p. 441.

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