‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 116 sur 150 · CROMWELL DISSOUT · texte numérisé non relu

CROMWELL DISSOUT

a la main^ capables de faire contre-poids à i^ôus^ à moi^ « à eux-mâmes.... S'il y avait eu en vous quelque in- « tention d'établiBsement solide^ vous Fauriez fondé sur a cette base.... Au lieu de cela y au lieu d'accepter ce « régime comme une chose convenue^ tous avez voulu a avoir je ne sais pas quoi ; vous vous êtes mis en pièces^ a vous et toute la nation;.... et cela^ au moment où le a roi des Écossais a^ de l'autre côté de Teau^ une armée a prête à s'embarquer pour envahir l'Angleterre.... De « tout cela il ne peut venir que de la confusion et du <( sang. Puisque telle est votre conduite, je crois qu'il a est grand temps de mettre fin à votre session, et je a dissous ce Parlement. Que Dieu juge entre moi et G vous! »--<(Amenl » répondirent^ à haute voix, quelques-uns des opposants*.

Cette brusque mesure excita dans le public, et autour de Cromwell lui-même, une émotion très-vive; comme Charles P', il voulait donc rompre avec tout Parlement et aucun Parlement ne pouvait vivre avec lui. Quelquesuns de ses plus intimes confidents, Fleetwood, Whitelocke, Thurloe lui-même, dit-on, avaient tenté de l'en détourner; ils auraient bien voulu se reposer enfin dans les bonnes situations qu'il leur avait faites; ils étaient las des périls et des efforts nouveaux qu'il recommençait sans cesse à leur imposer. Cromwell désirait plus

* Joumals of the House of commons, t. VII, p. 592 ; — Carlyle , OrormoelVs Letters and Speeches, t. II, p. 645-651 ; — Burton, Diary^ t. II, p. 462-470 ;— Thurloe, State-Papers, t. VI, p. 778, 781.

LE PARLEMENT (4 février 1658). 351

ardemment qu'eux tous un établissement définitif et stable ; mais^ pour lui^ le seul établissement définitif et stable^ c'était la monarchie^ avec ses vraies conditions de force et de durée ; ni son grand esprit^ ni sa haute ambition ne pouvaient se contenter à moins^ et à travers des détours infinis^ et quels que fussent les obstacles^ il poursuivait obstinément son but^ également incapable et de renoncer à Tespérance de l'atteindre, et de s'ar^ rêter tant qu'il ne l'aurait pas atteint. Il venait de faire un grand pas; le régime des deux Chambres était redevenu l'ordre constitutionnel et légal; il voulait garder sa conquête. Il voyait bouillonner autour de lui l'esprit révolutionnaire irrité et inquiet de ce retour des institutions monarchiques qui le menaçait d'une défaite irréparable; les Anabaptistes, les Nive« leurs, les sectaires religieux et politiques de toute sorte tenaient des réunions, préparaient des pétitions pour s'élever contre ces innovations rétrogrades et pour redemander à leur tour la vraie république, sans Protecteur comme sans Chambre des Lords. L'op* position dans le Parlement, Haslerig et Scott entre autres , étaient le point d'appui de ces espérances et de ces menées, impuissantes tant qu'elles ne pou** valent procéder que par la sédition, redoutables dès qu'elles trouvaient dans les pouvoirs légaux, par conni' vence ou par faiblesse, des organes et des défenseurs. Cromw^ell voulut , à tout risque, frapper ses ennemis à la tête ; quand le Parlement revêche ne serait plus là, il aurait aisément raison de la populace révolutionnaire;

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et plus tard, il se promettait un autre Parlement plus inteUigent ou plus docile, qui lui ferait faire vers son but de nouveaux et derniers pas^

Le surlendemain de la dissolution, il réunit à Whiteball un grand conseil d'officiers et leur en exposa les motifs: une invasion et une insurrection imminentes; Charles Stuart uni avec les Espagnols, les Espagnols avec les Cavaliers, les Cavaliers avec les Niveleurs et tous les brouillons de TAngleterre ; la guerre civile et Tanarchie près de recommencer, et tout le fruit des travaux et des victoires de Farmée perdu pour le pays et pour Tarmée elle-même. C'étaient là les maux qu'il avait voulu prévenir en renvoyant un Parlement qui leur ouvrait la porte par son opposition et ses discordes. Il n'avait fait d'ailleurs que maintenir l'acte constitutionnel que ce même Parlement avait voté et juré, et que, lui aussi, il avait juré. L'armée et ses chefs étaientils résolus à le maintenir avec lui ? Voulaient-ils défendre la paix publique, la religion, la liberté, leurs propres droits et leurs propres biens, ou laisser retomber l'Angleterre et leurs familles dans la confusion et dans le sang? Un vif assentiment se manifesta; presque tous les assistants s'écrièrent qu'ils étaient prêts à résister et à tomber^ à vivre et à mourir avec lui. Cromwell ne se payait pas d'apparences et poussait vivement ses

* Thurloe, State-Papers, t. VI, p. 709, 775, 796 y—Parliam. HisUy t. XXI, p. 205, 206; — Carlyle, CromwelVs Letters and Speeches^ t. II, p. 651 ;— Godwin, Hist. of the Commonwealthy t. IV, p. 492-

CONSEIL D'OFFICIERS (6 février 1658^ ^ 353

avantages ; il avait remarqué quelques officiers froids et silencieux; il s'adressa directement à eux^ entre autres à Packer et à Gladman^ le premier msyor commandant de son propre régiment, et leur demanda ce qu'ils feraient; ils répondirent qu'ils étaient prêts à combattre Charles Stuart et ses adhérents, mais qu'ils ne pouvaient s'engager aveuglément et en tous cas, ne sachant pourquoi, ni contre qui. CromweU ne les maltraita point; mais, quelques jours après, par une épuration assez étendue, il fit sortir des rangs de l'armée les officiers qui s^étaient montrés mal disposés ou incertains; Packer entre autres fut écarté : a Je l'avais servi quinze a ans, depuis qu'il était lui-même capitaine d'un escaa dron de cavalerie jusqu'au moment de son grand a pouvoir, » disait, après la mort de Cromwell, ce rude et honnête républicain; a j'avais commandé un régio ment i)endant sept ans; et sans aucun jugement, par « un seul souffle de ses narines, je fus jeté dehors; je a perdis, non-seulement ma place, mais un ancien ami c< de camp et de combat; et cinq capitaines sous mes « ordres, tous braves et intègres, furent renvoyés avec c< moi parce qu'ils ne voulaient pas dire que c'était là et une Chambre des Lords ^ »

Dans une telle situation et pour de tels mécontents, Lambert, disgracié et solitaire à Wimbledon, était un

» Thurloe , State-Papers, t. VI, p. 789, 793, 806; — Carlyle, CromwélVs Leiters and Speeches, t. II, p. 651; — Burton, Diary^ t. III, p. 165-167; — Godwin, Hist. of the Commonweàlih, t. IV, p. 496 ; — Parliam. HisU, t. XXI, p. 205.

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