CROMWELL DÉJOUE LES
bQmine& ses voisins^ et réussissait si bien que la fils dç Tun des juges de Charles ^s H. Stapley^ consentait à recevoir de Charles II une commission pour lever^ à son service^ un escadron de cavalerie dont il prendrait ^ dans l'occa^on^ le conunandement. Â Touest, au centre^ les mêmes menées se poursuivaient avec le même succès; deç Niveleurs comme des Cavaliers^ des Républicains comme des Niveleurs , d'anciens membres du conseil d'État de Cromwell comme deç prédicatews anabap* tistes y étaient engagés ; les rapprochements les plus inattendus s'accomplissaient; des manifestes concertés, bien que divers, se préparaient. A Londres enfin, sous les yeux de Cromwell, les conspirateurs poussaient Tau-^ dace à ce point qu'ils fixaient le jour et l'heure où il$ devaient, les un^ occuper les principaux postes de la Cité, Içs autres se saisir de la personne du lord maire, d'autres encore mettre le feu à la Tour et s'en emparer pendant que l'incendie absorberait l'attention et les efforts i^, la garnison.
Mais la vigilance de la police de Cromwell ne s'était pas énervée par le long usage, et elle se trouva présente et efficace partout où se fit sentir le péril. À Hull, deux des officiers à qui sir Henri Slingsby s'était ouvert n'écoutaient ses propositions que de l'aveu de leurs chefs, et pour en témoigner plus tard. Informé que M. Stapley était entré en rapport avec Charles Stuart, Cromwell le fit venir, le remplit de trouble en lui rappelant, avec une vivacité tour à tour menaçante et affectueuse, ce que pensait et avait fait son père, et il finit par lui
COMPLOTS BOTAUSTES (janvibb-avrxi. 1658). 858
arracher Faveu détaillé des desseins auxquels il ayait pris part et les noms des personnes qui Ty avaient en«trainé. Pendant qu'Ormond était à Londres, le Protec* teur dit un jour à lord BrogbiU ; a Un de vos anciens « amis vient d'arriver en ville,— Qui donc?— Le mara quis d'Ormond. » Lord Brogbill protesta qu'il n'en savait rien* « Je sais cela, reprit Cromwell, mais si vous a voulez sauver votre ami, faites-lui dire que je sais où « il est et ce qu'il fait. » Gromwell avait à son service sir Richard Willis , Tun des principaux membres du petit comité secret chargé en Angleterre des affaires de Charles IL Willis s'était vendu au Protecteur, à condition qu'il n'aurait de rapports qu'avec lui et qu'il ne serait jamais appelé à témoigner contre personne. C'était avec Willis surtout qu'Ormond avait communiqué pendant son séjour à Londres ; et pour se laver un peu, à ses propres yeux, de son indignité, Willis l'avait engagé à partir 'au même moment où le Protecteur lui-même lui faisaîl donner par lord Broghill ce salutaire avis. Cromwell témoignait volontiers ces généreux égards à ceux de ses ennemis qu'il honorait sans les redouter beaucoup; mais il n'en persistait pas moins, envers tous les autres, dans sa poUtique froide et rude. Sur tous les points de l'Angleterre, de nombreuses et rapides arrestations vinrent surprendre les conspirateurs, royalistes, républicains, anabaptistes : sir William Compton et le colonel John Russell, tous deux membres du petit conseil de Charles II, Hugb Courtney et John Rogers, deux prédicateurs sectaires